L’agression au couteau d’un assistant d’éducation au collège de Grand-Camp, aux Abymes, marque un nouveau seuil dans la dérive de la violence scolaire en Guadeloupe. Touché par plusieurs coups de ciseaux en pleine salle de permanence, un agent chargé de faire respecter le cadre républicain a été attaqué par un élève multirécidiviste. L’établissement est aujourd’hui bloqué, les équipes sont traumatisées et une réunion de crise a dû être organisée dans l’urgence.
Cet acte n’est ni un fait divers isolé ni une fatalité sociale. Il révèle l’échec cumulé d’un laxisme éducatif, de défaillances familiales assumées et d’une idéologie qui refuse de poser des limites claires. Transferts d’élèves violents d’un établissement à l’autre, absence de sanctions réellement dissuasives, injonctions contradictoires adressées aux personnels : l’école est sommée d’absorber une violence qu’elle n’a pas vocation à tolérer.
Les réactions syndicales et institutionnelles convergent : l’inaction n’est plus acceptable. Quand un assistant d’éducation devient une cible, c’est toute l’autorité de l’institution scolaire qui est atteinte. L’école ne peut ni servir de variable d’ajustement aux échecs éducatifs familiaux, ni de terrain d’expérimentation pour des politiques déconnectées du réel. Elle doit redevenir un sanctuaire, protégé par la loi et soutenu sans ambiguïté par l’État.
Ce drame interpelle bien au-delà de la Guadeloupe. Il pose une question nationale : voulons-nous encore une école où l’autorité est respectée, ou acceptons-nous qu’elle soit livrée à la violence de quelques-uns au détriment de tous ? Défendre l’école, c’est défendre la République elle-même. Et cela exige des réponses fermes, claires et assumées.




