La tension monte entre les ministères de l’Intérieur et de la Justice. Laurent Nuñez entend répondre « point par point » à une note de Gérald Darmanin mettant en cause des défaillances dans le traitement des enquêtes concernant des violences sexuelles sur mineurs. Le document, rédigé dans le prolongement de l’affaire Lyhanna, a également provoqué la colère de plusieurs syndicats policiers.
Laurent Nuñez veut « rétablir certaines vérités ». Le ministre de l’Intérieur a réuni jeudi 13 août les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie afin de préparer une réponse à la note adressée par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, concernant le traitement des affaires de violences sexuelles sur mineurs.
Le ministre souhaite apporter des « réponses argumentées » aux différents constats formulés dans ce document de douze pages daté du 29 juillet.
Nuñez veut répondre « point par point »
Laurent Nuñez ne cache pas ses désaccords avec certains éléments avancés par le ministère de la Justice.
« Il y a un certain nombre de choses qui sont dites dans ce document que je vais contester », a-t-il prévenu, tout en assurant vouloir mener ce travail « de manière constructive, sans aucune polémique ».
Le ministre remet notamment en question l’ampleur du nombre de dossiers qui auraient été perdus ou insuffisamment traités. Il assure qu’« il n’y a pas forcément le nombre de dossiers perdus qui est annoncé ».
Cette prise de position intervient alors que plusieurs syndicats policiers ont vivement réagi au courrier de Gérald Darmanin. Certains représentants des forces de l’ordre sont allés jusqu’à parler de « trahison » de la part de celui qui fut lui-même ministre de l’Intérieur.
Des dysfonctionnements révélés après l’affaire Lyhanna
La note du garde des Sceaux synthétise les dysfonctionnements relevés par différents parquets généraux dans le traitement des procédures concernant des violences sexuelles commises sur des mineurs.
Cette démarche intervient dans le prolongement de l’affaire Lyhanna, du nom de cette collégienne de 11 ans retrouvée morte en juin 2026 dans le Gers.
Le principal suspect, Jérôme Barella, a été mis en examen pour viol et meurtre d’une mineure. Avant cette affaire, il avait déjà fait l’objet de plusieurs plaintes concernant des violences sexuelles sur des mineures, sans avoir été inquiété.
L’affaire a ainsi soulevé de lourdes interrogations sur la circulation des informations entre services, le suivi des plaintes et le traitement de certains dossiers.
Police et Justice face à leurs responsabilités
La controverse dépasse désormais le seul cas de l’affaire Lyhanna. Elle ouvre un débat sur le fonctionnement de toute la chaîne pénale lorsqu’un mineur signale des violences sexuelles.
Gérald Darmanin met en avant les défaillances recensées par les magistrats. Laurent Nuñez entend, de son côté, défendre le travail des policiers et des gendarmes lorsque les constats formulés lui paraissent inexacts.
La réponse détaillée du ministère de l’Intérieur est désormais attendue et pourrait permettre de déterminer précisément quels dysfonctionnements sont reconnus par les deux ministères et quels constats restent contestés.



