Face à la recrudescence des vols de fruits dans les exploitations agricoles, notamment de letchis en pleine saison, les autorités ont décidé de réagir. En décembre 2025, des opérations de contrôle ont été menées à Saint-Benoît et dans les communes voisines afin de lutter contre les filières illégales et de protéger les producteurs locaux.

Le signal d’alerte a été donné début décembre, après le vol d’une quinzaine de kilos de letchis dans un verger de Saint-Benoît. Quatre individus ont été identifiés et interpellés, permettant la restitution des fruits à leur propriétaire. Un épisode révélateur d’un phénomène plus large, alors que les vols dans les exploitations se multiplient chaque année à l’approche des fêtes, alimentant une revente clandestine en bord de route.

Conscientes de l’impact économique et moral pour les agriculteurs, les forces de l’ordre ont intensifié les contrôles ciblant les points de vente informels, souvent soupçonnés d’écouler des produits issus de vols.

Infractions multiples et travail dissimulé

Des contrôles conjoints de la gendarmerie et de la DEETS ont ainsi été menés sur six étals, tenus par des vendeurs professionnels ou occasionnels. L’objectif était clair : vérifier la traçabilité des fruits et légumes proposés à la vente et s’assurer du respect des règles commerciales et sociales.

Les infractions constatées sont nombreuses. Absence d’affichage des prix, défaut d’indication de l’origine des produits, utilisation de balances non homologuées, facturation erronée liée au non-tarage des contenants, ou encore absence totale de facturation. Plus grave encore, plusieurs situations de travail dissimulé ont été relevées, entraînant des convocations à la gendarmerie. Les autres manquements ont donné lieu à des avertissements administratifs.

Ces opérations rappellent que la vente sauvage ne relève pas de l’économie de proximité, mais participe à une concurrence déloyale et fragilise durablement la filière agricole locale.

Pour autant, tous les vendeurs de bord de route ne sont pas en infraction. Certains producteurs, à l’image de Noël Sautron à Sainte-Clotilde, commercialisent leur propre récolte en parfaite conformité avec la réglementation. Victimes eux aussi de vols dans leurs vergers, ces agriculteurs subissent de plein fouet les conséquences d’un laxisme qui pénalise le travail honnête.

En renforçant ces contrôles, l’État envoie un message clair : la protection des exploitations, le respect de la loi et la défense d’une agriculture structurée ne sont pas négociables. Une action indispensable pour préserver l’économie locale et réaffirmer l’autorité publique face aux pratiques illégales.

Privacy Preference Center