À Wallis, le service de l’environnement déploie une méthode simple et locale pour lutter contre l’érosion du littoral et la montée des eaux. Dans le cadre du projet régional PEBACC+, des barrières végétales fabriquées avec des feuilles de cocotier et des branchages sont installées face à la mer, notamment à Utufua, pour casser l’énergie des vagues et stabiliser les sols.
Des solutions naturelles, efficaces et accessibles
Ces barrières, appelées fascines de coco, ont un objectif clair : ralentir l’érosion et permettre aux arbres de développer leurs racines, qui retiennent naturellement la terre. L’approche tranche avec les solutions dites grises, enrochements ou remblais, souvent très coûteuses et lourdes à mettre en place. Ici, le choix est assumé : des solutions fondées sur la nature, moins chères, reproductibles, et surtout accessibles aux habitants, impliqués directement dans la mise en œuvre.
La stratégie s’appuie aussi sur un rempart naturel essentiel, la mangrove. À Utufua, des palétuviers récemment replantés forment une première ligne de défense. Leurs racines retiennent les sédiments et renforcent la stabilité du littoral, une méthode déjà utilisée dans plusieurs territoires du Pacifique confrontés aux mêmes menaces.
Former, transmettre, étendre
Le projet ne se limite pas à installer des barrières. Il vise aussi à construire des compétences locales. Trois membres d’une association de village ont suivi une formation en Nouvelle Calédonie avec l’appui du service de l’environnement, puis ont transmis les techniques à Wallis. Parmi les évolutions, la sélection plus rigoureuse des propagules et le recours au semis direct, qui permet de planter immédiatement dans le sable sans attendre une longue germination.
À ce stade, certaines actions restent en phase de test, mais leur efficacité a déjà été démontrée ailleurs dans la région. Le service de l’environnement espère désormais étendre la démarche à d’autres villages. Une logique pragmatique : protéger le territoire avec des solutions robustes, enracinées dans le terrain, et faire des populations locales des acteurs, pas des spectateurs, de l’adaptation.




