Wallis-et-Futuna : disparition d’une figure majeure de la vie coutumière et institutionnelle

Le territoire de Wallis-et-Futuna est en deuil après la disparition d’Atoloto Uhila, acteur central de la vie publique et coutumière pendant plusieurs décennies. À 96 ans, il laisse l’image d’un homme engagé au service des institutions locales et des traditions.

Né en 1930 dans le district de Hihifo, Atoloto Uhila s’est illustré très tôt dans la vie publique. À seulement 32 ans, il rejoint la première assemblée territoriale mise en place en 1962, au moment où le territoire s’inscrit pleinement dans le cadre institutionnel de la République. Durant une décennie, il participe activement à la structuration politique locale et prend part aux premières missions officielles en métropole, contribuant ainsi au lien entre Wallis-et-Futuna et la France.

Parallèlement à son engagement politique, il a occupé une place majeure au sein de la coutume. D’abord secrétaire au sein de la chefferie de Hihifo, il accède ensuite à la fonction de Kulitea, en charge du foncier et de la culture, un rôle qu’il exercera pendant plus de vingt ans. Cette double légitimité, à la fois institutionnelle et coutumière, lui a permis de jouer un rôle de trait d’union essentiel dans un territoire où l’équilibre entre traditions et cadre républicain demeure fondamental.

Un défenseur des équilibres entre coutume et République

Au fil de son parcours, Atoloto Uhila s’est distingué par son attachement au statut de 1961, socle juridique de l’intégration de Wallis-et-Futuna dans la République française. Il a contribué à en défendre les principes, tout en veillant à la préservation des spécificités culturelles locales, notamment à travers son implication dans la promotion des traditions d’Uvea et des échanges culturels dans le Pacifique.

Décoré de l’ordre national du Mérite pour son engagement, il incarnait une génération de responsables profondément attachés à la stabilité institutionnelle, à la transmission des valeurs et à l’ancrage du territoire dans la France. Sa disparition marque la fin d’un parcours exemplaire, au service d’un équilibre précieux entre héritage coutumier et appartenance nationale.

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