À Saint-Benoît, dans l’est de La Réunion, plusieurs habitants du secteur du chemin Pêche font face depuis plusieurs jours à une contamination de l’eau liée à la présence de pesticides. Des distributions de packs d’eau et l’installation de citernes ont été mises en place par les autorités et les opérateurs afin de limiter les conséquences sanitaires pour les familles concernées.
La situation concerne notamment la zone du captage Vallée Genêt, où des résidus de pesticides ont été détectés dans le réseau d’alimentation. La CISE Réunion a précisé que les citernes installées sur place ne sont pas destinées à la consommation humaine et ne peuvent servir qu’à des usages non alimentaires. Des distributions régulières de bouteilles d’eau sont désormais organisées auprès des foyers recensés dans le secteur.
Une inquiétude croissante autour de la qualité de l’eau à La Réunion
Cette nouvelle alerte relance les inquiétudes autour de la protection des ressources en eau sur l’île. À La Réunion, plusieurs études environnementales montrent déjà une présence importante de micropolluants et de résidus agricoles dans certaines nappes et captages. Les pesticides représentent une part importante des substances surveillées dans les eaux souterraines réunionnaises.
Dans plusieurs communes, les épisodes de dégradation de la qualité de l’eau se multiplient également après de fortes pluies ou des problèmes sur les réseaux. Les autorités sanitaires recommandent régulièrement l’utilisation d’eau embouteillée ou l’ébullition de l’eau avant consommation dans certains secteurs de l’île.
La gestion des infrastructures sous pression
Cette affaire remet aussi en lumière les fragilités des infrastructures hydrauliques dans certains territoires ultramarins. Entre contraintes géographiques, réseaux vieillissants et pression environnementale, de nombreuses collectivités locales peinent à garantir une qualité d’eau irréprochable toute l’année.
Pour plusieurs élus locaux et habitants, l’État et les collectivités devront désormais accélérer les investissements dans la sécurisation des captages, le renouvellement des réseaux et le contrôle des pollutions agricoles. Dans un territoire français où l’accès à l’eau potable reste un enjeu sanitaire majeur, beaucoup estiment qu’il devient indispensable de renforcer durablement les capacités de contrôle et de prévention afin d’éviter la répétition de telles crises.



