Aimé Kaniki reçoit sur TVMag.info Lisa Debernard, journaliste guadeloupéenne de SQOOL TV

Passée par BFM Business, BFMTV, LCI et Le Parisien, Lisa Debernard poursuit aujourd’hui sa carrière sur SQOOL TV, chaîne consacrée à l’éducation. À la présentation de « L’École du Futur » et de « Campus Stories », la journaliste défend une manière d’exercer son métier fondée sur l’écoute, la proximité et le respect des invités. Dans un entretien accordé à TVMag.info, elle revient sur son parcours, ses ambitions et les transformations du paysage audiovisuel. Elle y expose également sa conception de l’interview, à contre-courant des formats qui privilégient parfois la confrontation et la recherche d’émotions fortes. Pour la présentatrice, le rôle du journaliste consiste avant tout à permettre aux personnes interrogées de raconter leur histoire, sans provoquer artificiellement des situations inconfortables pour obtenir davantage de visibilité sur les réseaux sociaux.
Le parcours de Lisa Debernard s’est construit progressivement, entre presse écrite, télévision et médias numériques. Diplômée du CELSA, elle a effectué une partie de sa formation chez BFM Business, une expérience qu’elle considère comme déterminante. Encouragée par François Sorel, elle y réalise ses premières interventions en direct avant de poursuivre sa carrière à BFMTV, puis à LCI, notamment au sein de l’émission « 24 heures Pujadas ». Elle collabore également avec plusieurs médias, dont Le Parisien et 20 Minutes, tout en développant une expertise dans les nouvelles technologies. C’est cette spécialisation qui lui ouvre les portes de SQOOL TV. D’abord chroniqueuse de « L’École du Futur », elle en reprend ensuite la présentation après le départ de Philippine Dolbeau. Aujourd’hui, la chaîne constitue l’essentiel de son activité professionnelle. Elle y aborde notamment la place des femmes dans les sciences, la diversité des parcours éducatifs et les transformations liées à l’intelligence artificielle.
Une autre manière de conduire les interviews à la télévision
Avec « Campus Stories », Lisa Debernard privilégie les témoignages d’étudiants et de jeunes adultes confrontés à des expériences parfois difficiles. Pour instaurer la confiance, elle échange avec ses invités avant l’enregistrement et cherche à définir avec eux les sujets sensibles qu’ils souhaitent aborder. Une méthode qu’elle estime indispensable pour éviter les situations de malaise sur un plateau de télévision. « Ce que je refuse, c’est le côté larmoyant, le fait de pousser quelqu’un dans ses retranchements ou de le mettre mal à l’aise simplement parce que cela pourrait générer davantage de clics », explique-t-elle à TVMag.info. La journaliste raconte notamment avoir été profondément marquée par le témoignage d’un jeune homme victime de deux accidents vasculaires cérébraux avant ses 20 ans. Une rencontre qui illustre, selon elle, la nécessité de laisser les émotions apparaître naturellement plutôt que de chercher à les provoquer. Cette approche traduit sa préférence pour les formats magazines, où le temps accordé aux échanges permet davantage de nuance que dans certaines émissions d’actualité.
La présentatrice porte également un regard attentif sur l’évolution des médias. Consciente que les jeunes générations consomment de plus en plus les contenus sur les plateformes numériques, elle estime que la télévision doit poursuivre son adaptation à ces nouveaux usages. Elle considère par ailleurs l’intelligence artificielle comme un outil susceptible d’enrichir la préparation journalistique, à condition de conserver un regard critique et une réflexion personnelle. Quant à son avenir, Lisa Debernard ne cache pas son intérêt pour de nouveaux projets, notamment dans les domaines de la culture, du cinéma ou de la santé. Elle reconnaît avoir envisagé le lancement d’un podcast ou d’une émission sur YouTube, sans avoir encore franchi le pas. Pour l’heure, elle souhaite continuer à évoluer dans des programmes qui lui permettent d’approfondir les sujets et de donner la parole à des personnes peu habituées aux plateaux de télévision. Une orientation qui confirme son attachement à un journalisme où la qualité de l’échange prime sur la recherche du buzz.


