Crise lycéenne : des annonces gouvernementales qui peinent à convaincre à La Réunion

Le gouvernement a présenté une série de mesures pour répondre au mouvement lycéen qui agite la France depuis plusieurs semaines. Si certaines organisations saluent des avancées, le calendrier d’application et l’ampleur des dispositifs suscitent des critiques, y compris à La Réunion où le PLR juge les annonces insuffisantes.
Plafonnement des classes à 28 élèves en seconde, 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, plan de rénovation des lycées et universités doté de 5 milliards d’euros, indexation des bourses sur l’inflation : le gouvernement a multiplié les annonces pour tenter d’apaiser un mouvement lycéen né le 17 septembre dernier dans une banlieue parisienne avant de s’étendre à l’ensemble du territoire.
Ces mesures n’ont toutefois pas suffi à éteindre la contestation. L’Intersyndicale jeunesse, qui fédère plusieurs organisations étudiantes et lycéennes, a maintenu ses appels à la mobilisation, réclamant notamment la fin de la sélection à l’université et la création de 250 000 places supplémentaires dans le supérieur. Une journée nationale de grèves et de manifestations est prévue le 5 novembre.
À La Réunion, le parti Pour La Réunion (PLR) a publié mardi 27 septembre un communiqué pour dénoncer des mesures qu’il qualifie de « partielles, tardives et insuffisantes ». Le parti estime que « 15 000 places supplémentaires dans le supérieur, quand les organisations étudiantes en réclament 250 000 : le décalage est immense ». Il pointe également l’absence de réponses spécifiquement adaptées aux territoires ultramarins.
Sur le calendrier, les premières retombées concrètes ne seront pas immédiates. La réforme de Parcoursup, plateforme d’orientation très critiquée depuis le début du mouvement, ne verra une « évolution forte » qu’à la rentrée 2027, selon le ministre de l’enseignement supérieur Philippe Baptiste, avant un remplacement complet en 2028 nécessitant le vote d’une loi au Parlement. Le plafonnement à 28 élèves par classe de seconde, prioritairement dans les établissements les plus défavorisés, sera généralisé à la même échéance.
Le plan de rénovation des lycées et universités, d’un montant total de 5 milliards d’euros, sera quant à lui essentiellement financé sous forme de prêts à taux réduit aux collectivités territoriales. Le syndicat enseignant SE-Unsa a d’ailleurs appelé à des « garanties sur le financement et la mise en œuvre » des annonces, tandis que Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a estimé que les revendications de la jeunesse « ne sont pas satisfaites » et appelé à « amplifier la grève en vue du 5 novembre ».
Le gouvernement avait ouvert le 5 octobre une plateforme de consultation destinée à recueillir les contributions des lycéens, qui a enregistré quelque 100 000 participations à sa clôture. Un débat sans vote sur l’avenir de cette plateforme doit se tenir à l’Assemblée nationale. La contestation avait débouché le 17 octobre sur de vastes manifestations dans tout le pays, accompagnées en marge de casses et de pillages.


