La coordinatrice interministérielle à l’égalité entre les femmes et les hommes dans les Outre-mer, Aude Luquet, estime que les politiques publiques doivent davantage tenir compte des réalités propres à chaque territoire. Dans un rapport remis au gouvernement, elle met en avant des inégalités persistantes et formule plusieurs recommandations pour renforcer l’efficacité des dispositifs existants.
Le document dresse un constat préoccupant sur la situation des femmes dans les territoires ultramarins. Les Outre-mer concentrent 10 % des violences intrafamiliales et 11 % des féminicides recensés en France, alors qu’ils représentent une part bien plus faible de la population nationale. À La Réunion, 15 % des femmes déclarent avoir subi des violences conjugales, tandis que plus d’une sur quatre affirme avoir été victime de violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie.
Sur le plan économique, les écarts demeurent également importants. Le chômage des femmes atteint en moyenne 20 % dans les Outre-mer, contre 7,2 % dans l’Hexagone, avec des disparités encore plus marquées à Mayotte. Le rapport souligne aussi le poids de la monoparentalité, qui concerne près d’une famille sur deux, ainsi que le manque de solutions d’accueil pour la petite enfance, des facteurs susceptibles de freiner l’accès à l’emploi et l’autonomie des femmes.
Une approche territorialisée pour améliorer l’efficacité des dispositifs
Parmi les quinze recommandations formulées, la mission préconise une adaptation plus fine des politiques publiques aux contraintes des territoires ultramarins. L’objectif est d’évaluer concrètement l’efficacité des dispositifs existants, tels que les bracelets anti-rapprochement, les téléphones « Grave danger », les Maisons des femmes ou encore les numéros d’urgence, afin de vérifier qu’ils répondent réellement aux besoins des populations locales.
Le rapport fixe également plusieurs priorités pour les prochaines années, notamment l’amélioration de la prise en charge des victimes de violences, le développement de solutions d’hébergement, un meilleur accompagnement des femmes en situation de handicap et le renforcement des dispositifs de mobilité lorsque leur mise en sécurité l’exige. Il prévoit enfin la création d’indicateurs territoriaux permettant d’évaluer les résultats des politiques publiques d’ici 2027, avec l’objectif d’associer davantage les collectivités, les associations, les services de l’État, les forces de l’ordre et les professionnels de santé à la mise en œuvre de réponses adaptées aux réalités de chaque territoire.



