Bam. Dans le décor improbable du parc Vairai, Emilia Scallamera a été sacrée jeudi soir première Miss Henua Enata, avec ce mélange de trac et de feu intérieur qu’on reconnaît aux grands soirs. « Ça a été un cocktail de sensations entre le trac, la préparation, le maquillage, et les costumes », confie-t-elle, encore sonnée, comme si la couronne pesait autant qu’une responsabilité. Représenter les Marquises pendant deux ans, ce n’est pas une pose Instagram, c’est un mandat culturel, un rôle d’ambassadrice, une voix qui porte au-delà du lagon.
Car Emilia n’a pas attendu qu’on lui dicte une feuille de route: elle s’en fixe une, nette, concrète. Partager la culture marquisienne avec le monde, à travers des vidéos « que je réaliserai avec mes cousins ». Dans les coulisses, elle raconte aussi le stress des « retouches au dernier moment », la bulle qu’elle s’est créée avant le show, musique, danse, concentration, pendant que les chorégraphies, elles, étaient « parfaitement rodées ». Sur scène, pas de rivalités de pacotille: « Pendant l’élection, on était toutes soudées entre nous… pour que les gens apprécient le spectacle », dit-elle, avant de remercier « mes amis et ma famille du fond du cœur ». On entend derrière ces mots une idée simple: une culture se transmet, elle ne se décrète pas.
Une couronne, des vidéos, une promesse de transmission
Une couronne, des vidéos, une promesse de transmission Pour le comité d’organisation, cette première édition ressemble à un baptême du feu. Tahia Fournier parle d’« une très belle expérience », avec une fierté assumée, presque protectrice: « On a accompagné chaque fille… et il n’y a pas eu de faux pas ! » Le hic, c’était le lieu, il a fallu tout installer au parc Vairai, les structures, la scène, la logistique, bref, le réel, celui qui ne pardonne rien. Et déjà une suite se dessine, posée calmement: rendez-vous dans deux ans, le temps de roder, avec peut-être « un mister Henua Enata ». L’événement s’installe, il s’organise, il prend racine.
Derrière les strass, il y a une leçon que certains devraient méditer, jusque dans nos Outre-mer: quand on veut tenir debout, on commence par honorer ce qu’on est, sans cracher sur ce à quoi on appartient. Les Marquises ne sont pas une carte postale à vendre aux idéologues de l’autonomie molle ou aux professionnels de la plainte, c’est un morceau vivant de la France, une identité forte dans une République qui sait aussi faire place aux singularités. Emilia Scallamera promet de montrer, de raconter, de transmettre, très bien.



