La cour d’assises spécialement composée de Paris a rendu son verdict dans le procès d’une filière djihadiste reliant La Réunion à la Syrie. Les quatre hommes poursuivis ont été condamnés à de lourdes peines de réclusion criminelle, mettant un terme à un dossier emblématique de la lutte contre le terrorisme islamiste en France.
Seul accusé présent lors des six jours d’audience, Anthony de Monjoie Maurice a été condamné à 19 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. La peine est assortie d’une période de sûreté correspondant aux deux tiers de la condamnation. La cour a suivi les réquisitions de l’avocat général, qui avait requis la peine maximale prévue pour cette qualification.
Les trois autres prévenus, jugés en leur absence et toujours visés par des mandats d’arrêt, ont été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle. Eux aussi devront exécuter une période de sûreté fixée aux deux tiers de leur peine.
Un engagement au sein de groupes djihadistes reconnu
Au cours du procès, Anthony de Monjoie Maurice a finalement reconnu avoir rejoint successivement l’organisation État islamique puis le Front al-Nosra, affilié à Al-Qaïda. Il a toutefois continué à nier toute participation directe à des attentats ou à des actes terroristes.
Les débats ont néanmoins mis en lumière de nombreux éléments recueillis par les enquêteurs, parmi lesquels des photographies le montrant armé, des témoignages évoquant sa radicalisation ainsi que les déclarations d’anciens djihadistes l’accusant d’avoir facilité le départ de combattants vers la Syrie.
Parti en 2014, il est resté près de cinq années dans la zone syro-irakienne. Il a reconnu avoir suivi un entraînement militaire, participé à plusieurs missions armées et vécu au sein de groupes djihadistes. Interrogé sur sa responsabilité pénale, il a fini par reconnaître son implication dans une association de malfaiteurs terroriste.
Un procès majeur dans la lutte contre le terrorisme
Ce verdict marque l’aboutissement d’une procédure judiciaire de grande ampleur consacrée au démantèlement d’une filière ayant conduit plusieurs individus de La Réunion vers la Syrie au plus fort du conflit.
À travers cette décision, la justice rappelle sa détermination à poursuivre les auteurs et les soutiens des réseaux terroristes ayant participé au recrutement ou à l’acheminement de combattants français vers des organisations djihadistes. Dans un contexte où la menace terroriste demeure élevée, ce procès illustre la mobilisation durable des autorités judiciaires et des services de renseignement contre les filières islamistes.
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