L’Assurance maladie tire la sonnette d’alarme sur l’état de santé des populations ultramarines. Dans son rapport annuel consacré aux dépenses de santé pour 2027, la Caisse nationale d’assurance maladie consacre pour la première fois un chapitre spécifique aux Outre-mer et appelle les pouvoirs publics à engager des mesures fortes pour lutter contre le diabète, l’obésité et les inégalités d’accès aux soins.

Le constat dressé par la Caisse nationale d’assurance maladie est préoccupant. Les habitants des départements et régions d’Outre-mer présentent un risque de développer un diabète de type 2 deux fois plus élevé que ceux de l’Hexagone. Cette situation s’accompagne d’un taux d’obésité supérieur à la moyenne nationale, avec 22,4 % de la population concernée contre 17,9 % dans l’Hexagone.

Le rapport souligne également d’importantes disparités en matière d’espérance de vie, d’accès aux soins et de précarité. À Mayotte, par exemple, l’espérance de vie reste inférieure d’environ dix années à celle observée en France hexagonale, illustrant les difficultés persistantes auxquelles sont confrontés plusieurs territoires ultramarins.

Dix propositions pour réduire les inégalités sanitaires

Face à cette situation, la Cnam formule dix recommandations spécifiques aux Outre-mer. L’une des principales vise à aligner définitivement la teneur en sucre des produits alimentaires commercialisés dans les territoires ultramarins sur celle des produits vendus dans l’Hexagone.

Malgré les avancées permises par la loi Lurel, l’Assurance maladie estime que de nombreux produits transformés contiennent encore davantage de sucre dans les Outre-mer. Cette surconsommation, associée à la sédentarité et aux difficultés économiques, favorise le développement du diabète et des maladies cardiovasculaires.

L’organisme propose également de généraliser un plan de lutte contre le diabète inspiré de celui mis en œuvre à La Réunion, en mobilisant les établissements scolaires, les professionnels de santé et les structures hospitalières autour de la prévention et du dépistage.

Vaccination, dépistage et santé mentale également ciblés

Le rapport met aussi en évidence un retard important dans plusieurs campagnes de prévention. Les taux de vaccination contre le papillomavirus humain restent nettement inférieurs à ceux observés dans l’Hexagone, tout comme la participation aux programmes de dépistage de certains cancers.

L’Assurance maladie préconise de renforcer les actions de prévention, de faciliter l’accès aux traitements et d’améliorer le dépistage précoce afin de réduire les pertes de chance pour les patients ultramarins.

La santé mentale figure également parmi les priorités identifiées. Selon les données présentées, près de quatre jeunes sur dix dans les DROM présentent des troubles dépressifs. La Cnam souhaite donc adapter le dispositif « Mon soutien Psy » aux réalités locales afin d’améliorer la prise en charge psychologique.

À travers ces recommandations, l’Assurance maladie rappelle que les territoires ultramarins nécessitent des politiques de santé publique adaptées à leurs spécificités. Pour répondre durablement aux écarts constatés avec l’Hexagone, elle appelle à renforcer la prévention, améliorer l’accès aux soins et développer des stratégies ciblées capables de répondre aux besoins des populations tout en garantissant l’égalité républicaine entre tous les Français.

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