En partenariat avec les Hôtels Karibea

Près d’un demi-siècle après leur création, les congés bonifiés demeurent un dispositif essentiel pour de nombreux fonctionnaires ultramarins exerçant dans l’Hexagone. Malgré le contexte de maîtrise des dépenses publiques, ce droit n’apparaît pas remis en cause, même si les organisations syndicales restent vigilantes quant à son application et à son évolution.

Instaurés en 1978, les congés bonifiés permettent aux agents publics originaires des Outre-mer de retourner régulièrement sur leur territoire d’origine. Depuis la réforme entrée en vigueur en 2020, les bénéficiaires peuvent disposer, tous les deux ans, d’un congé de trente jours dans leur collectivité d’origine. En Martinique, plusieurs centaines de fonctionnaires hospitaliers profitent chaque année de ce dispositif. Les organisations syndicales rappellent qu’il s’agit d’un droit acquis de longue date et plaident pour une application plus fluide des critères liés au Centre des intérêts matériels et moraux (CIMM), qui conditionne l’accès au dispositif. Elles dénoncent notamment les demandes répétées de justificatifs adressées à certains agents alors que leur éligibilité avait déjà été reconnue.

Des revendications persistantes sur l’équité du dispositif

Les bénéficiaires des congés bonifiés continuent également de percevoir la majoration de rémunération liée au coût de la vie pendant leur séjour dans leur territoire d’origine. Les représentants syndicaux considèrent cet avantage comme un acquis social qui ne doit pas être remis en cause. En parallèle, plusieurs organisations soulignent l’existence d’un traitement jugé inégal entre les fonctionnaires ultramarins affectés dans l’Hexagone et les agents métropolitains exerçant en Outre-mer. Selon elles, ces derniers bénéficient automatiquement de la majoration liée à la vie chère, alors que les agents ultramarins ne disposent pas d’un mécanisme comparable lorsqu’ils sont en poste dans l’Hexagone. À ce stade, aucune remise en cause des congés bonifiés n’a été annoncée par le gouvernement malgré les contraintes budgétaires actuelles. Les représentants des personnels entendent néanmoins rester mobilisés afin de préserver ce dispositif, considéré comme un élément important du maintien des liens familiaux et culturels entre les fonctionnaires ultramarins et leur territoire d’origine.

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