Le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre a condamné onze hommes à des peines de 18 mois à cinq ans d’emprisonnement pour leur implication dans le spectaculaire cambriolage des locaux des gardes-côtes de la Douane et de la gendarmerie maritime, commis en novembre 2021 au Carénage. Ce dossier, marqué par le vol d’un important arsenal, constitue le dernier grand volet judiciaire des émeutes urbaines survenues en Guadeloupe à la fin de l’année 2021.
Les condamnations ont été prononcées lundi 13 juillet. Un douzième prévenu, mineur au moment des faits, comparaîtra ultérieurement devant le tribunal pour enfants. Selon le parquet de Pointe-à-Pitre, cette procédure clôt les principaux dossiers liés aux violences qui avaient secoué l’archipel en novembre et décembre 2021.
Dans la nuit du 19 au 20 novembre, plusieurs individus, le visage dissimulé, avaient méthodiquement préparé leur opération. Après avoir installé des barrages enflammés afin de retarder l’intervention des forces de l’ordre, ils s’étaient emparés d’un chariot élévateur dans un chantier naval voisin pour forcer l’entrée de la base des gardes-côtes.
À l’intérieur, les assaillants avaient incendié un véhicule de service, fracturé plusieurs accès, pénétré dans les bâtiments administratifs et forcé des coffres contenant des armes et du matériel d’intervention. Une tentative d’intrusion à bord de la vedette de surveillance des Douanes avait également été menée, sans succès.
Une enquête appuyée sur les preuves techniques
Le butin comprenait notamment un canon MAG 58, six pistolets Sig Sauer, un fusil à pompe, plusieurs milliers de cartouches ainsi que des gilets pare-balles, des menottes et des matraques télescopiques. Le bilan aurait toutefois pu être plus lourd encore. Alerté quelques heures auparavant, le commandant de la gendarmerie maritime avait fait transférer une partie de l’armement de son unité vers le camp Dugommier, mettant ainsi les équipements les plus sensibles à l’abri.
Malgré les précautions prises par les auteurs pour effacer leurs traces en répandant de l’huile moteur et en vidant des extincteurs, les enquêteurs de la section de recherches de la gendarmerie ont exploité les images de vidéosurveillance, des vidéos retrouvées sur les téléphones des suspects ainsi que plusieurs traces ADN relevées sur les lieux. Les données de téléphonie ont également permis de conforter les investigations.
Au fil de l’instruction, plusieurs mis en cause ont modifié leurs déclarations, certains revenant sur leurs aveux initiaux malgré les éléments matériels réunis par les enquêteurs. Selon la procédure, une grande partie des armes longues dérobées aurait été acheminée vers la Dominique seulement deux jours après le cambriolage. À ce jour, seules trois armes de poing et une partie des munitions ont pu être récupérées par les autorités.



