Huit Guyanais et une ressortissante paraguayenne comparaissent ce mardi 6 octobre devant le tribunal correctionnel de Poitiers dans une affaire de trafic de cocaïne entre la Guyane, la région parisienne et le département de la Vienne. Le procès, déjà reporté à quatre reprises, intervient près de cinq ans après le démantèlement du réseau présumé.
Les neuf prévenus comparaissent libres, alors même que cinq d’entre eux avaient initialement été placés sous mandat de dépôt. La longueur de la procédure a conduit à leur remise en liberté après épuisement des délais légaux de détention provisoire.
L’affaire remonte à janvier 2022. L’un des principaux suspects est alors interpellé à l’aéroport de Roissy alors qu’il transporte onze kilos de cocaïne en provenance de Cayenne. Selon l’enquête, la marchandise devait rejoindre Poitiers. D’autres arrestations ont ensuite eu lieu en région parisienne et dans la Vienne.
Onze kilos saisis à Roissy et un réseau suivi pendant un an
Les investigations ont également conduit à la découverte de deux kilos supplémentaires de cocaïne, de 20 000 euros en espèces, d’armes de poing et de plusieurs véhicules de grande valeur aux domiciles de différents suspects.
Le coup de filet était l’aboutissement d’environ un an d’enquête menée par le groupe stupéfiants de la Sûreté départementale de Poitiers avec l’appui de la Brigade des stupéfiants de Paris. Les policiers avaient utilisé plusieurs techniques d’investigation, notamment des surveillances, de la géolocalisation et des écoutes téléphoniques.
Le dossier illustre une nouvelle fois le rôle de la Guyane comme territoire de départ pour certains réseaux cherchant à acheminer de la cocaïne vers l’Hexagone. Sa proximité géographique avec les grands pays producteurs sud-américains expose particulièrement le territoire aux organisations criminelles qui utilisent ensuite les liaisons aériennes pour transporter la drogue vers l’Europe.
Plusieurs actes d’enquête annulés avant le procès
La procédure judiciaire a cependant été particulièrement longue et complexe. Les avocats des mis en cause ont contesté plusieurs actes réalisés pendant l’enquête, estimant que certaines opérations n’avaient pas respecté les règles applicables.
La justice leur a partiellement donné raison en annulant plusieurs éléments de procédure. Ces décisions ont contribué aux reports successifs du procès et pourraient peser sur les débats devant le tribunal correctionnel.
Les deux hommes présentés comme les principaux organisateurs du réseau doivent comparaître ce mardi, tout comme les compagnes de trois prévenus. Ces dernières ne sont pas poursuivies pour trafic de stupéfiants mais pour recel.
Le tribunal devra désormais déterminer ce qui subsiste des accusations après les annulations prononcées et établir précisément le rôle de chacun. Dans une affaire de cette ampleur, la fermeté contre le trafic de cocaïne doit aller de pair avec le strict respect des règles de procédure, qui conditionne la solidité des poursuites et la validité des condamnations éventuelles.
Le procès doit ainsi permettre de mesurer la portée réelle du dossier, près de cinq ans après les premières interpellations, et de déterminer quelles responsabilités pénales pourront finalement être retenues contre les neuf prévenus.



