Le CNES a ouvert les portes du chantier implanté sur l’ancien site de la fusée Diamant, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Cinq lanceurs européens, dont le démonstrateur réutilisable Callisto, sont attendus à Kourou dans les prochaines années.

C’est un chantier discret mais porteur d’ambitions considérables pour l’avenir du Centre spatial guyanais. Ce samedi matin, le CNES a ouvert au public le site en cours de reconversion destiné à accueillir les petits et mini-lanceurs européens de nouvelle génération. L’occasion, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, de mesurer l’ampleur d’un projet qui s’inscrit dans la continuité de l’histoire spatiale de la Guyane.

Le chantier prend place sur l’ancien site de la fusée Diamant, opérationnel entre 1970 et 1975. Plutôt que de repartir de zéro, le CNES a fait le choix de valoriser les infrastructures existantes. « On a réutilisé une partie des infrastructures qui étaient utilisées à l’époque pour Diamant. Comme, par exemple, ce bâtiment qui a été remis en état, mais les fondations sont restées telles quelles, la structure du bâtiment, donc il était réutilisable. Comme toute la zone autour du bâtiment qui était déjà terrassée », explique Marco Cencetti, responsable sous-directeur développement sol. Une approche qui réduit à la fois les coûts et l’impact environnemental du projet.

Parmi les programmes attendus sur ce nouveau pas de tir figure Callisto, un démonstrateur d’étage de fusée réutilisable développé en coopération européenne. Les premiers essais sont prévus dès l’an prochain, avec une montée en puissance progressive. « On va faire des petits vols. Donc les premières seront un tout petit saut de quelques centimètres, quelques dizaines de centimètres, et ensuite avec des trajectoires plus éloignées jusqu’à atteindre environ 50 kilomètres, la dernière, avec un retour sous site ici, après un vol de ce type-là », précise Marco Cencetti.

Cinq acteurs industriels européens sont annoncés pour utiliser ce nouveau complexe de lancement : l’Espagnol PLD Space, les Allemands Isar Aerospace et RFA, ainsi que les Français Latitude et Sirius. Le premier vol commercial depuis ce site pourrait être celui de la fusée espagnole Miura, développée par PLD Space, dès l’année prochaine. Une perspective qui confirme le rôle central que Kourou entend jouer dans le paysage des lanceurs légers européens, face à une concurrence internationale de plus en plus vive.

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