Guyane : un festival de deux jours pour mieux informer les femmes sur la ménopause

Par Anna Blondeau 3 min de lecture

La piscine municipale Michel Néron de Rémire-Montjoly a accueilli samedi la première journée du Festival de la ménopause, une initiative portée par la Quinzaine obstétricale pour sensibiliser le public et améliorer la prise en charge médicale des femmes en Guyane.

Des activités aquatiques, des stands d’information et des échanges avec des professionnels de santé : c’est dans ce cadre que s’est ouverte, samedi 17 octobre, la première édition du Festival de la ménopause à Rémire-Montjoly. Organisé par la Quinzaine obstétricale en collaboration avec plusieurs associations d’usagers, dont l’Association guyanaise de la ménopause, l’événement vise à mieux faire connaître cette étape de la vie et à encourager la prévention.

Le Dr Louis Alphonse, gynécologue-obstétricien, a reconnu que la mobilisation est restée en deçà des attentes lors de cette première journée : « On s’attendait à plus de personnes, mais c’est déjà un début. » Le choix de la piscine municipale Michel Néron n’est pas anodin : il s’agit de promouvoir l’activité physique, présentée comme un pilier de la prise en charge des femmes pendant cette période. Marche, natation et activités aquatiques ont ainsi accompagné les échanges avec le public.

L’un des enjeux centraux mis en avant par le médecin est la méconnaissance des premiers signes. La ménopause reste souvent associée à l’arrêt des règles ou aux seules bouffées de chaleur, alors que les symptômes peuvent apparaître plusieurs années auparavant. Troubles du sommeil, fatigue, douleurs musculaires, irritabilité ou baisse de libido peuvent affecter la vie personnelle, familiale et professionnelle bien avant que le diagnostic soit posé. « Si on doit agir, ce n’est pas à la ménopause, c’est avant la ménopause qu’on doit agir parce que les symptômes, les signes arrivent bien avant », a insisté le Dr Alphonse, évoquant des femmes confrontées à des insomnies dès 42 ou 43 ans sans que ces troubles soient reliés à des changements hormonaux.

Cette méconnaissance peut conduire à une errance médicale et retarder un accompagnement adapté. Le gynécologue plaide pour une meilleure formation des professionnels de santé, médecins, sages-femmes et gynécologues, afin de mieux reconnaître les symptômes et d’orienter les patientes. Il rappelle également l’importance de la prévention des risques cardiovasculaires et de l’ostéoporose, pour lesquels alimentation équilibrée, sommeil et maintien des liens sociaux jouent un rôle déterminant.

Sur le plan culturel, le sujet reste difficile à aborder. « C’est un sujet tabou dans la société en général », reconnaît le Dr Alphonse. La démarche du festival s’inscrit dans un travail engagé depuis près de 18 mois à travers les « Jeudis de la ménopause », des rencontres organisées dans différentes communes de Guyane. L’objectif affiché est clair : « Ce qu’on veut, c’est que les femmes deviennent actrices de leur santé. »

Le festival se poursuit ce dimanche 18 octobre à l’hôtel de la Collectivité territoriale de Guyane. Une matinée scientifique, de 8h30 à 12h30, réunira plusieurs professionnels autour de quatre thématiques : santé cardiovasculaire, ménopause au travail, aspects psychologiques et soins de support. Des ateliers pratiques consacrés à la nutrition et un village d’exposants compléteront le programme. L’après-midi, de 15h à 17h, une programmation artistique clôturera l’événement avec la participation de la marraine du festival, l’artiste Madame de la Passion.