Papeete : 70 personnes réunies pour la marche des Fiertés à l’issue de la Tahiti Pride Week

La marche des Fiertés organisée par l’association Cousins Cousines a rassemblé une soixantaine de participants dans les rues de Papeete ce samedi, en clôture de la Tahiti Pride Week. Des délégations venues de Fidji et de Nouvelle-Calédonie ont rejoint le cortège, à la veille de la quatrième Conférence du Pacifique sur les droits humains.
Soixante-dix personnes ont défilé ce samedi matin dans les rues de Papeete, au terme de la Tahiti Pride Week. Partis de devant la vice-présidence, les marcheurs ont rejoint la place Vaiete dans une ambiance festive, croisant touristes et passants au fil d’un parcours qui a notamment marqué une halte devant le terminal de croisière Te Ānuanua.
L’événement a pris une dimension régionale avec la présence de délégations océaniennes, venues à l’occasion de la quatrième Conférence du Pacifique sur les droits humains, qui s’ouvre ce lundi à la présidence de la Polynésie française. Des participantes originaires des Fidji, dont certaines sont également membres de la communauté des sourds, ont fait le déplacement. Leur interprète, Kelera, a témoigné des difficultés rencontrées dans leur pays d’origine : « C’est difficile à vivre chez nous : parfois les familles et la société les rejettent. Ici, ils ont la chance de pouvoir se marier, ce qui n’est pas autorisé chez nous. Ça nous donne de l’espoir ! »
La Nouvelle-Calédonie était également représentée, notamment par Sébastien, alias Lidzy Komandement, artiste drag queen : « On est venu apporter notre soutien à l’association et dire que c’est OK : la différence, c’est aussi la tolérance. »
Le maire de Papeete, Rémy Brillant, et la vice-présidente de la Polynésie française, Minarii Galenon, également ministre des Solidarités en charge de la communauté LGBTQIA+, ont participé au défilé et pris la parole. Le tāvana a déclaré que « le vivre ensemble se construit dans les gestes de tous les jours » et que « personne ne devrait subir des insultes, des violences ou un rejet en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre ».
Karel Luciani, président de l’association Cousins Cousines et porte-drapeau de la marche, a souligné que la participation avait doublé par rapport à l’année précédente, grâce notamment à la délégation océanienne. Il a rappelé les enjeux qui motivent l’action de l’association, évoquant des situations de harcèlement scolaire et des drames familiaux aux conséquences parfois fatales : « Tous les ans, on compte trois à quatre décès. L’année dernière, c’étaient des ados de 13, 14 et 17 ans. » Il a également mentionné la situation de pays voisins comme les îles Salomon ou Tonga, où l’homosexualité demeure pénalement réprimée.
Des stands de prévention étaient réunis place Vaiete à l’issue du défilé. La conférence régionale sur les droits humains se tiendra du lundi au mercredi à la présidence de la Polynésie française.

