Une convention destinée à améliorer l’accompagnement des victimes de violences conjugales, intrafamiliales ou sexuelles a été signée le 24 septembre au centre hospitalier de Kourou. Portée à l’initiative du parquet de Cayenne, elle réunit notamment la préfecture, la gendarmerie, le CHU ainsi que deux associations d’aide aux victimes. L’objectif est de mieux organiser le recueil de la parole, l’évaluation de la situation et l’orientation vers les dispositifs judiciaires, sanitaires et sociaux.

L’enjeu est particulièrement concret après un passage aux urgences ou un dépôt de plainte. Jusqu’ici, une victime pouvait être amenée à répéter son histoire à plusieurs interlocuteurs, à chercher elle-même le bon service ou à attendre qu’une administration transmette son dossier à une autre. La nouvelle convention vise précisément à réduire ces ruptures de parcours en améliorant la circulation de l’information entre professionnels et en clarifiant le rôle de chacun, notamment lorsque la situation nécessite une transmission rapide à l’autorité judiciaire.

Construire un parcours continu entre santé, justice et accompagnement social

Le dispositif doit donc permettre qu’une victime repérée à l’hôpital ne reparte pas simplement avec une ordonnance ou un certificat médical, mais puisse être orientée vers une association spécialisée, un travailleur social, les forces de l’ordre ou le parquet selon sa situation. Cette logique rejoint les priorités affichées par l’État en Guyane pour 2026, qui insistent sur le repérage, la mise à l’abri, l’accompagnement global et la coordination entre acteurs dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Le modèle présenté à Kourou doit désormais être étendu aux sites hospitaliers de Saint-Laurent-du-Maroni et de Cayenne. La réussite du dispositif dépendra toutefois de son application quotidienne : désignation d’interlocuteurs clairement identifiés, transmission rapide des informations utiles, disponibilité des associations et capacité à accompagner les victimes au-delà de l’urgence immédiate. L’objectif est de remplacer une succession de démarches isolées par un véritable parcours coordonné, afin qu’une personne ayant déjà franchi l’étape difficile du signalement ne soit pas ensuite laissée seule face à plusieurs administrations.

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