Voltalia ouvre une campagne de financement participatif pour accompagner le développement de sa future centrale hybride de Sainte-Anne, située à Mana. L’opération peut atteindre 5 millions d’euros, dont une enveloppe spécifique de 500 000 euros réservée aux habitants de Guyane. Objectif affiché : permettre aux particuliers de contribuer au projet via un prêt rémunéré, accessible en ligne dès 20 euros.
Le groupe précise que, hors financement participatif, 150 millions d’euros supplémentaires sont investis sur ce projet énergétique majeur, présenté comme stratégique pour répondre à la hausse des besoins dans l’Ouest guyanais.
Une centrale hybride photovoltaïque + batteries + biocarburant
Le projet Sainte-Anne repose sur un modèle hybride, combinant plusieurs sources pour garantir une production plus stable : 43 MW de panneaux photovoltaïques, un stockage par batteries lithium-ion de 135 MWh, et 7 MW de groupes électrogènes fonctionnant au biocarburant, en complément.
Selon Voltalia, la centrale doit produire environ 50 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation électrique de 50 000 habitants.
Les premiers travaux ont démarré à l’été 2025. La mise en service est annoncée pour 2028.
Un emplacement “stratégique” et un projet inscrit dans la PPE
La centrale est implantée à proximité du poste source EDF du carrefour Margot, un choix que Voltalia présente comme un avantage majeur pour faciliter le raccordement au réseau.
Le projet s’inscrit dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de Guyane, qui vise la transition énergétique du territoire et un mix électrique 100% renouvelable à l’horizon 2027.
À Mana, Voltalia rappelle qu’un précédent projet, le parc solaire de Sable Blanc, avait déjà fait l’objet d’un financement participatif en 2023, avec 570 000 euros collectés localement.
Un enjeu de souveraineté énergétique
En Guyane, la question énergétique est un sujet de souveraineté concrète : sécurité d’approvisionnement, prix, fiabilité du réseau, développement économique. Si les ambitions “100% renouvelable” sont souvent affichées, elles doivent surtout se traduire par des infrastructures robustes et pilotables.
C’est précisément ce que cherche à incarner cette centrale hybride : produire propre, mais aussi produire de façon stable, ce qui reste le vrai défi dans un territoire où la croissance démographique et l’activité augmentent plus vite que les capacités de production.




