Alors que plusieurs élus guyanais militent pour une relance de l’exploration pétrolière au large du territoire, TotalEnergies a clairement indiqué qu’il n’envisageait pas de reprendre des forages en Guyane. Une prise de position qui relance le débat sur l’exploitation des ressources naturelles ultramarines et sur les choix énergétiques de la France.
Auditionné mercredi devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, le président-directeur général de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a écarté toute perspective de nouveaux investissements dans l’exploration pétrolière en Guyane. Le dirigeant a rappelé que le groupe avait déjà consacré près de 400 millions d’euros à des recherches qui n’ont pas permis de découvrir des réserves suffisamment importantes pour justifier une exploitation commerciale.
Le précédent permis d’exploration détenu par le groupe français est arrivé à échéance en 2019. Malgré la présence d’hydrocarbures, les volumes identifiés avaient été jugés trop faibles pour rendre le projet économiquement viable.
Un débat toujours vif en Guyane
Cette position intervient alors que plusieurs responsables politiques guyanais continuent de défendre l’idée d’une exploitation des ressources énergétiques locales. Ils soulignent que les pays voisins connaissent depuis plusieurs années une forte croissance de leur production pétrolière offshore.
Le Guyana, le Suriname et le Brésil ont en effet développé d’importants projets en mer qui génèrent aujourd’hui des recettes considérables. De nombreux élus estiment que la Guyane française pourrait bénéficier d’une stratégie similaire afin de soutenir son développement économique, créer des emplois et renforcer son autonomie énergétique.
Le sujet a récemment été débattu au Parlement à travers une proposition de loi visant à assouplir l’interdiction de recherche et d’exploitation des hydrocarbures dans les territoires ultramarins. Le texte, adopté au Sénat, a toutefois été rejeté par l’Assemblée nationale le 11 juin.
Paris maintient sa ligne sur les énergies fossiles
Après ce rejet, plusieurs élus guyanais ont dénoncé une décision prise sans tenir suffisamment compte des réalités locales. Le député Jean-Victor Castor a notamment critiqué ce qu’il considère comme une vision imposée depuis Paris sur l’avenir économique du territoire.
Le gouvernement reste pour sa part opposé à une remise en cause de la loi Hulot de 2017, qui interdit progressivement l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures sur le territoire national. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a également souligné les délais particulièrement longs nécessaires à la mise en production d’un éventuel gisement, estimant qu’une exploitation ne pourrait pas voir le jour avant une quinzaine d’années.
Au-delà du cas de TotalEnergies, le débat met en lumière une question de fond pour les Outre-mer : celle de la valorisation de leurs ressources naturelles et de leur place dans la stratégie énergétique française, alors que plusieurs territoires voisins tirent déjà profit de leurs richesses offshore.
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