La culture guadeloupéenne a marqué 2025, portée par des artistes qui s’imposent loin de l’archipel et par un retour assumé à l’histoire. Dans un contexte où l’Outre-mer est trop souvent réduit à la carte postale, ces succès rappellent une réalité simple : la Guadeloupe produit, crée et rayonne.
Un cap franchi entre scène mondiale et héritage retrouvé
Sur la scène internationale, Kelly Sinnapah Mary a été distinguée à Art Basel Miami Beach 2025 en recevant le prix CPGA Villa Albertine, une reconnaissance qui confirme la force et la singularité de son travail. Côté musique, le batteur Arnaud Dolmen a décroché une Victoire du jazz, installant un peu plus la Guadeloupe parmi les territoires qui comptent dans le jazz contemporain. En parallèle, l’année a aussi été celle de la transmission patrimoniale : le MACTe a ouvert, depuis le 16 décembre, une exposition d’envergure consacrée au peintre Guillaume Guillon Lethière, né esclave en Guadeloupe, avec le concours du Musée du Louvre et du Clarke Institute. Enfin, à Pointe-à-Pitre, le Centre des arts a engagé la numérisation de 350 œuvres, étape concrète pour préserver et valoriser le patrimoine local.
Mais 2025 n’a pas été qu’une année de célébration. Une polémique a cristallisé les tensions autour de la liberté de création : l’artiste Blow, visé après une œuvre sur le chlordécone représentant une décapitation, fait l’objet d’une procédure engagée par le président de la République, avec un procès renvoyé à mars 2026. Au-delà des postures, l’affaire pose une question centrale : jusqu’où va la provocation artistique, et où commence l’arbitraire quand l’art dérange. En Guadeloupe, cette année culturelle aura au moins eu un mérite : remettre l’essentiel au premier plan, l’exigence artistique, la mémoire, et la place pleine et entière de l’archipel dans la culture française.




