La Réunion : face à une sécheresse historique, une course contre la montre pour sauver la faune de la Rivière Langevin

La Rivière Langevin, dans le Sud Sauvage de La Réunion, connaît un assèchement sans précédent depuis la création de la Fédération départementale de pêche en 1997. Pour la troisième fois depuis le début de cet épisode de sécheresse, une opération de sauvetage de la biodiversité piscicole a été menée ce mardi 3 novembre à Saint-Joseph.
La commune de Saint-Joseph est placée en alerte rouge sécheresse. Sur la Rivière Langevin, l’écoulement de surface recule inexorablement, en particulier sur la partie basse du cours d’eau. Anguilles marbrées, cabots bouche ronde, chevrettes grands bras, chevaquines et camarons paient un lourd tribut à cette situation climatique exceptionnelle, avec des pertes importantes enregistrées parmi ces espèces endémiques.
Ce mardi 3 novembre, quinze membres du monde de la pêche associative réunionnaise ont mené une nouvelle opération de sauvetage sur le tronçon compris entre le pont de la RN1 et la confluence de la Rivière Langevin avec le Bras Sec, soit environ 1,5 kilomètre de cours d’eau. Au total, 431 spécimens ont pu être capturés et relâchés en amont, sur une portion du cours d’eau où le débit demeure suffisant pour assurer leur survie : 152 anguilles marbrées, 125 cabots bouche ronde, 92 chevrettes grands bras et 62 camarons.
Il s’agit de la troisième intervention de ce type depuis le début de la sécheresse. Jamais la Fédération départementale de pêche de La Réunion, fondée en 1997, n’avait été confrontée à une telle situation sur cette rivière. L’assèchement du Bassin Benjoin, site de baignade et de pique-nique prisé des familles réunionnaises, illustre concrètement l’ampleur du phénomène.
Les perspectives météorologiques n’invitent guère à l’optimisme. Aucune pluie significative n’est attendue dans les prochains jours, alors que des précipitations importantes seraient pourtant indispensables pour recharger la nappe souterraine qui alimente la Rivière Langevin. La mobilisation des acteurs associatifs locaux reste donc entière pour limiter les dégâts sur un patrimoine naturel dont la préservation conditionne aussi l’attractivité touristique et économique du Sud Sauvage.


