La cour criminelle de Saint-Denis a rendu son verdict dans une affaire de maltraitances infantiles particulièrement grave. Un père de famille originaire de Saint-Paul a été condamné à huit ans de réclusion criminelle pour des violences commises sur ses trois jeunes enfants. Sa compagne a quant à elle été condamnée à deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme aménagé sous bracelet électronique.
Pendant trois jours d’audience, les magistrats ont examiné les conditions de vie des enfants et les nombreuses violences dont ils auraient été victimes entre 2023 et 2024. Les débats ont mis en lumière un environnement familial marqué par des carences éducatives, un manque d’attention et des violences répétées.
L’enquête avait été déclenchée après un signalement effectué par le CHU en janvier 2024. Les médecins avaient alors découvert de multiples fractures sur l’un des nourrissons du couple, conduisant à l’ouverture d’investigations approfondies.
Des séquelles particulièrement lourdes pour les victimes
Les expertises médicales ont révélé l’ampleur des blessures subies par les enfants. L’un des nourrissons présentait plusieurs dizaines de fractures touchant différentes parties du corps. Sa sœur souffrait également de nombreuses fractures, tandis que l’aîné, âgé de seulement deux ans au moment des faits, développait d’importants troubles attribués aux traumatismes subis.
Les conséquences sont particulièrement graves. L’un des enfants souffre aujourd’hui d’une paralysie partielle et de troubles du langage. Une des jumelles pourrait conserver un handicap lourd et ne jamais retrouver une mobilité normale.
Face aux juges, le père a reconnu certains faits tout en évoquant des accidents ou des maladresses. La mère a pour sa part contesté les accusations de violences répétées, admettant uniquement quelques gestes disciplinaires.
Des peines assorties de mesures de protection
Reconnu coupable de violences volontaires sur ses trois enfants, le père a été condamné à huit ans de réclusion criminelle. La cour lui a également interdit pendant cinq ans d’exercer une activité en lien avec des mineurs. Une injonction de soins de trois ans a également été prononcée.
La mère a été condamnée à deux ans d’emprisonnement, dont un an assorti du sursis. La partie ferme de sa peine sera exécutée sous surveillance électronique. Elle se voit également interdire pendant cinq ans toute activité professionnelle auprès de mineurs.
La justice a en outre prononcé le retrait de ses droits civiques et de son autorité parentale. À l’issue de sa peine, elle devra suivre un stage consacré à la parentalité. Par cette décision, la cour a entendu sanctionner des faits d’une particulière gravité tout en assurant la protection durable des enfants victimes.



