Martinique : le siège de Martinique Développement ravagé par les flammes dans le sillage des actions du RPPRAC

Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, les locaux de Martinique Développement à Montgérald ont été presque entièrement détruits par un incendie criminel. Cet organisme d’accompagnement des entreprises martiniquaises, rattaché à la CTM, était au cœur d’un quartier déjà perturbé par des barrages enflammés liés aux mobilisations du RPPRAC.
Fort-de-France a connu une nuit de violences particulièrement graves entre les quartiers de Sainte-Thérèse et Montgérald. Tout commence vers 20 heures, le 31 octobre, lorsqu’une quinzaine d’individus cagoulés, selon la police, érigent des barrages enflammés aux abords du Carrefour Dillon, dans le contexte d’une mobilisation du RPPRAC visant à bloquer l’accès à la grande surface. Les forces de l’ordre interviennent pour lever ces obstacles.
Mais c’est l’incendie du siège de Martinique Développement qui constitue l’acte le plus lourd de cette nuit. L’un des deux bâtiments de cette agence économique rattachée à la Collectivité Territoriale de Martinique a été presque entièrement dévoré par les flammes. La piste criminelle est privilégiée par les enquêteurs, et une enquête a été ouverte. Les bâtiments voisins, abritant la SAFER et le MEDEF, ont quant à eux été épargnés.
Martinique Développement a pour mission d’accompagner les entrepreneurs et les TPE qui souhaitent investir ou se développer sur le territoire. Son président, Alexandre Ventadour, n’a pas caché son désarroi : « Je trouve ça effrayant, en fait, effarant. Pas effrayant parce que j’ai peur, mais effrayant de se dire qu’il puisse y avoir une telle attaque contre le service public, contre le développement économique, contre les TPE. Je suis avant tout triste et déçu pour les collaborateurs de Martinique Développement qui rentrent tous les matins, et je le suis également pour toutes les entreprises que nous avions l’habitude d’accueillir. »
Alexandre Ventadour souligne que le bâtiment sinistré constituait un lieu de rassemblement pour les entreprises locales, notamment depuis sa rénovation il y a deux ans : « Qui est visé ? Je ne sais pas, mais en tout cas, il y a un choix de portée sur ce bâtiment-là. »
La Collectivité Territoriale de Martinique a réagi par un communiqué dans lequel Serge Letchimy, président du Conseil Exécutif, dénonce fermement l’acte : « Cet acte criminel ne peut laisser indifférent aucun acteur politique ou économique. Chaque destruction impose de consacrer à la réparation des moyens dont notre pays a besoin pour construire son avenir. Nous ne pouvons accepter cette entreprise de destruction qui fragilise nos outils collectifs et compromet les perspectives de notre population. Une logique de terreur, voire de terrorisme ne doit pas s’installer en Martinique. »
Cet incendie s’inscrit dans une série de dégradations qui frappe les équipements collectifs de l’île depuis plusieurs semaines. Après le gymnase du collège de Petit-Manoir, c’est désormais un outil au service direct des entreprises et de l’emploi local qui est réduit en cendres. Les destructions successives font peser une charge financière croissante sur la collectivité, détournant des ressources qui auraient pu être consacrées au développement économique du territoire.


