Martinique : les enseignants en grève ce mardi, une mobilisation qui pèse sur l’école

À l’appel de l’ensemble des syndicats de l’Éducation, les enseignants martiniquais sont invités à cesser le travail ce mardi 13 octobre. Un mouvement qui perturbe une nouvelle fois le fonctionnement des établissements scolaires de l’île.
Un rassemblement est prévu dès 8h30 à la Maison des syndicats de Fort-de-France, dans le cadre d’un mot d’ordre national soutenu par l’ensemble des fédérations de l’Éducation. Les personnels enseignants de Martinique sont appelés à rejoindre ce mouvement de grève, qui s’inscrit dans un calendrier social déjà chargé pour les établissements scolaires de l’île.
Les organisations syndicales placent au premier rang de leurs revendications la question du point d’indice, dont le gel est inscrit dans le projet de loi de finances 2027. S’y ajoutent des demandes propres au contexte martiniquais : revalorisation salariale, maintien des postes, remplacement des absents, titularisation des contractuels et création d’un statut pour les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Les syndicats soulèvent également la question de la vétusté des bâtiments scolaires et des conditions d’apprentissage liées aux fortes chaleurs.
Cette journée d’action intervient dans un contexte de mobilisations lycéennes récentes. Carl Toussaint, secrétaire général du SE-Unsa Martinique, a tenu à préciser la nature de ce rapprochement : « Nous sommes solidaires du Mouvement des lycéens et le mot d’ordre national du 13 a été en partie décidé pour appuyer la mobilisation lycéenne. Sachant que la majeure partie des revendications portées par les lycéennes et lycéens aujourd’hui sont pour nous, en tout cas au SE-Unsa, des revendications très anciennes, que ce soit le bâti, le transport scolaire, les rythmes scolaires. Nous ne viendrons pas en renfort de la mobilisation lycéenne, ne serait-ce que pour ne pas être accusé d’instrumentalisation. »
Le responsable syndical reconnaît lui-même les difficultés croissantes à mobiliser les personnels, notamment en raison des retenues sur salaire liées aux jours de grève. « C’est de plus en plus difficile de se mobiliser collectivement à l’échelle de la France comme en Martinique, mais encore plus en Martinique avec les problématiques de coût de la vie qui font que nous avons de nombreux collègues qui hésitent de plus en plus à se mobiliser étant donné les conséquences financières que cela a », a-t-il déclaré. Une réalité qui illustre les tensions concrètes que ces journées d’action font peser sur les agents eux-mêmes, contraints de choisir entre engagement syndical et équilibre budgétaire personnel.
Pour les familles martiniquaises, cette nouvelle perturbation du calendrier scolaire s’ajoute à une séquence déjà marquée par les mobilisations lycéennes et les temps banalisés qui en ont découlé. La continuité des apprentissages reste, une fois de plus, la première variable d’ajustement de ces bras de fer sociaux.


