Alors que Mayotte fait face à un nouveau durcissement des tours d’eau depuis le 15 juillet, la députée Anchya Bamana estime que les réponses apportées par l’État restent largement insuffisantes. Dans un courrier rendu public ce jeudi, l’élue réclame des mesures d’urgence pour accompagner une population confrontée à une crise de l’eau qui s’aggrave.
Dès le mois de mai, la députée de la deuxième circonscription de Mayotte avait alerté le gouvernement sur la dégradation de la situation. Elle demandait notamment l’activation du plan ORSEC eau potable, un soutien renforcé aux habitants pendant la saison sèche ainsi que des mesures facilitant l’importation d’eau en bouteille.
Dans sa réponse du 3 juin, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a rappelé les investissements engagés dans le cadre du Plan Eau Mayotte. Le gouvernement met en avant la construction de la seconde usine de dessalement d’Ironi Bé, attendue d’ici fin 2027, ainsi que 76 millions d’euros prévus en 2026 pour moderniser les infrastructures, réduire les fuites du réseau, poursuivre les forages et développer le dispositif « une cuve = une habitation ».
Des coupures renforcées qui alimentent les tensions
Ces explications ne convainquent pas Anchya Bamana, qui regrette notamment l’absence de réponse concernant l’activation du plan ORSEC eau potable. Selon elle, les nouvelles restrictions imposées aux habitants ne peuvent être mises en œuvre sans mesures d’accompagnement adaptées. À partir du 18 juillet, les Mahorais passeront en effet d’un rythme de 36 heures d’alimentation suivies de 36 heures de coupure à seulement 30 heures de distribution pour 42 heures sans eau. Cette réduction vise à préserver les réserves jusqu’à la prochaine saison des pluies, mais suscite une vive inquiétude sur le territoire.
La députée rappelle que le réseau d’eau de Mayotte, conçu dans les années 1980 pour une population bien moins nombreuse, n’a jamais été dimensionné pour répondre à la forte croissance démographique de l’île. Elle appelle l’État à assumer pleinement ses responsabilités en renforçant les mesures d’urgence, notamment par la mise à disposition de citernes, une baisse du coût de l’eau en bouteille et un soutien accru aux habitants confrontés à une crise devenue structurelle.



