Mayotte : SUD éducation s’oppose à l’analyse de Macron sur l’école, mais esquive les vraies questions

Le syndicat SUD éducation Mayotte a publié un communiqué contestant l’analyse du président de la République, qui pointait la pression migratoire parmi les facteurs de difficulté des lycées mahorais. Une contre-lecture syndicale qui occulte une réalité démographique et migratoire pourtant documentée.
Dans un communiqué daté du 1er novembre, SUD éducation Mayotte s’est insurgé contre les déclarations d’Emmanuel Macron sur la situation des établissements scolaires de l’île. Interrogé par le vidéaste Hugo Décrypte, le chef de l’État avait mentionné la pression migratoire comme l’un des éléments explicatifs des difficultés que connaissent les lycées mahorais.
Le syndicat rejette cette lecture et avance une explication alternative : le manque d’anticipation des besoins scolaires dans un département à forte natalité. Il liste également les revendications portées lors des récentes mobilisations lycéennes, parmi lesquelles figurent le déficit d’enseignants, des infrastructures jugées inadaptées et des équipements défectueux.
Si les problèmes structurels de l’école mahoraise sont réels et anciens, la position syndicale passe sous silence une donnée que les acteurs de terrain connaissent bien : Mayotte est le département français où la pression migratoire est la plus intense, avec une part significative d’enfants nés de parents en situation irrégulière scolarisés dans les établissements publics. Nier ce facteur au profit d’une lecture exclusivement budgétaire relève d’un choix politique, pas d’une analyse exhaustive.
Les chefs d’établissement et les collectivités locales, eux, doivent composer au quotidien avec des effectifs en constante progression, des classes surchargées et des ressources contraintes. C’est à cette réalité concrète que les pouvoirs publics sont appelés à répondre, au-delà des postures syndicales.
SUD éducation conclut son communiqué en appelant à « une éducation de qualité pour tous à Mayotte », un objectif que personne ne conteste. La question reste entière de savoir comment y parvenir sans un diagnostic complet et honnête des causes.

