Polynésie : Géros renvoie le gouvernement à ses responsabilités sur l’hôpital et ouvre la porte au dialogue avec Paris

Invité du journal télévisé de Polynésie la 1ère lundi 2 novembre, le président de l’Assemblée de Polynésie Antony Géros a évoqué le conflit social à l’hôpital, les tensions institutionnelles avec le gouvernement Brotherson et la perspective d’une reprise de dialogue avec l’État. Entre prudence budgétaire et positionnement politique, le président de l’Assemblée a tenu à clarifier les limites de son rôle.
Le conflit social qui a agité l’hôpital de Polynésie française ces dernières semaines a trouvé un interlocuteur inattendu en la personne d’Antony Géros. Le président de l’Assemblée de Polynésie s’est rendu auprès des grévistes à leur demande, avant que les médecins ne suspendent leur mouvement. Une démarche qu’il prend soin de ne pas présenter comme un empiètement sur les prérogatives de l’exécutif territorial.
« C’est au gouvernement de trouver les solutions à ce problème », a-t-il affirmé sans ambiguïté, tout en précisant que l’Assemblée pourrait, lors de l’examen du budget, introduire des amendements susceptibles de répondre à certaines revendications restées sans réponse depuis la crise sanitaire. Un rôle d’appoint budgétaire, donc, et non de substitution à l’exécutif. Géros a d’ailleurs rappelé aux grévistes la nécessité de poursuivre les négociations avec le gouvernement, soulignant que le blocage venait en partie de l’absence d’appel à la table des discussions.
Sur le plan institutionnel, le président de l’Assemblée a rejeté l’idée d’une « guerre froide » avec le gouvernement du président Brotherson. Il a défendu l’exercice normal du pouvoir délibératif de l’Assemblée, rappelant que les amendements adoptés visent à mieux répondre aux besoins de la population, et non à contrarier l’exécutif.
Interrogé sur ses relations avec Oscar Temaru et le Tavini Huiraatira, Géros a affirmé rester « tout à fait en phase » avec son parti. La pétition lancée par le président du Tavini en faveur d’une déclaration d’indépendance devant l’ONU dans un an a été présentée comme une initiative transpartisane, ce qui expliquerait que Temaru n’y ait pas souscrit au nom du parti. Géros a rappelé que le Tavini soutient depuis 2013 le processus onusien d’autodétermination, un processus qui, selon lui, « n’a pas encore démarré ».
Sur la perspective d’un dialogue avec Paris, le président de l’Assemblée s’est montré ouvert. Après le voyage des élus polynésiens devant la quatrième Commission des Nations unies, une invitation émanant du cabinet du président de la République est attendue avant la fin de l’année. Géros a indiqué avoir consulté l’ensemble des présidents de groupe pour formuler une réponse consensuelle, tout en laissant entendre que les élus préféreraient que ces discussions se tiennent en Polynésie plutôt qu’à Paris.

