Mayotte : un salon de l’emploi pour accélérer la reconstruction post-Chido

Par Matteo Zuberbuler 3 min de lecture
Mayotte : un salon de l’emploi pour accélérer la reconstruction post-Chido
Mayotte : un salon de l’emploi pour accélérer la reconstruction post-Chido Image : DR

La deuxième édition du salon « Mayotte Recrute » se tient les 23 et 24 octobre au lycée des Lumières de Kawéni. Avec plus de 8 000 recrutements prévus cette année et 200 offres d’emploi au programme, l’événement entend répondre à une inadéquation persistante entre les besoins des entreprises et les profils disponibles sur le territoire.

Mayotte recrute, massivement. Selon l’enquête 2026 de France Travail, 8 120 recrutements sont attendus cette année sur l’île. Mais 56,8 % d’entre eux sont jugés difficiles à pourvoir, soit bien au-delà de la moyenne nationale de 43,8 %. C’est dans ce contexte que l’association Mayotte Recrute organise la deuxième édition de son salon dédié à l’emploi, placée cette année sous le signe de la reconstruction post-cyclone Chido.

Le rendez-vous se tient vendredi 23 et samedi 24 octobre, de 8 h 30 à 16 h 30, dans les gymnases du lycée des Lumières à Kawéni. Une quarantaine d’exposants issus du BTP, de la santé, du commerce, des services publics et de la formation y proposeront près de 200 offres d’emploi, contre une centaine lors de la première édition en 2024.

« Il y a des pénuries dans tous les secteurs, mais sur des métiers bien particuliers », souligne Namoure Zidini, président de l’association organisatrice. Les besoins vont du niveau CAP jusqu’aux ingénieurs hautement qualifiés. Dans le BTP, les entreprises recherchent notamment des géotechniciens et des chefs de chantier. La santé manque de kinésithérapeutes, d’ergothérapeutes et de psychomotriciens. Le secteur social, lui, est en quête d’éducateurs spécialisés expérimentés et d’auxiliaires de puériculture.

À l’inverse, certaines filières affichent un excédent de candidats. Le secrétariat, l’assistanat de direction ou la communication concentrent de nombreux profils, quand les postes de responsables RH, contrôleurs de gestion ou comptables expérimentés restent difficiles à pourvoir. Namoure Zidini pointe une part de responsabilité du côté des organismes de formation : « Il faudrait mieux cibler les besoins. » Certains continuent de former massivement vers des métiers saturés, au détriment de spécialités plus recherchées. Le développement des masters à l’université de Mayotte pourrait, à terme, contribuer à rééquilibrer cette situation.

Les difficultés ne sont pas uniquement du côté des candidats. Les services ressources humaines des entreprises mahoraises sont souvent trop réduits pour traiter efficacement l’ensemble des candidatures reçues. Les employeurs tendent également à privilégier des profils déjà ancrés dans le territoire, afin de réduire le temps d’adaptation à la vie locale. Attirer les diplômés mahorais partis étudier en métropole ou à La Réunion reste un défi : « Plus les qualifications sont élevées, plus les attentes en matière de qualité de vie augmentent », observe le président de l’association. Les difficultés d’accès à l’eau, les questions de sécurité et la possibilité de télétravailler depuis l’Hexagone ou La Réunion freinent le retour de certains profils qualifiés.

Pour tenter de lever ces obstacles, le salon proposera un programme dense : dix conférences, des ateliers CV, des rencontres directes avec les recruteurs et deux formules de job dating. La première permet de se présenter sans CV ni diplôme ; la seconde inverse les rôles, les candidats exposant leurs compétences face aux entreprises. Une conférence consacrée aux emplois liés à la reconstruction se tiendra vendredi après-midi, et une table ronde abordera samedi la question du retour des Mahorais diplômés établis hors du territoire.

Le salon sera également accessible en ligne dès le mercredi 21 octobre, afin de toucher la diaspora mahoraise. La première édition avait réuni plus de 900 participants, dont près de 400 à distance. Les organisateurs visent entre 1 000 et 1 500 participants cette année. L’entrée est gratuite, avec inscription sur salon.mayotterecrute.fr ou directement sur place.