Face à la progression rapide des maladies transmises par le moustique tigre, une réponse pourrait bien venir des Outre-mer. À La Réunion, des chercheurs ont mis au point une technique innovante pour freiner la propagation de virus comme la dengue, le chikungunya ou le zika, désormais en expansion jusque sur le continent européen.

Une menace qui gagne du terrain en Europe

Longtemps cantonnées aux zones tropicales, ces maladies deviennent aujourd’hui un enjeu sanitaire majeur en Europe. Selon le dernier rapport du Lancet Countdown, le risque d’épidémies de dengue a bondi de 297 % entre 2015 et 2024 par rapport aux décennies précédentes. La France, l’Italie, l’Espagne ou encore la Croatie ont déjà enregistré des cas autochtones.

En cause, le dérèglement climatique. Hausse des températures, humidité et modification des précipitations favorisent l’installation durable du moustique tigre, désormais présent sur la quasi-totalité du territoire hexagonal. Un basculement qui place l’Europe face à des maladies autrefois considérées comme exotiques.

Dans les Outre-mer, ces virus sont déjà endémiques depuis des années. La Réunion a notamment connu une épidémie majeure de chikungunya en 2005, touchant plus d’un tiers de la population. Cette expérience a poussé les scientifiques locaux à innover.

Des équipes du Cirad et de l’IRD ont ainsi développé une méthode alternative aux insecticides. Car ces derniers montrent leurs limites : les moustiques deviennent résistants et leur utilisation impacte lourdement les écosystèmes, en particulier les insectes pollinisateurs.

Cette nouvelle approche vise à limiter directement la reproduction et la propagation des moustiques, sans recourir massivement aux produits chimiques. Une avancée qui pourrait s’avérer décisive à l’heure où les outils traditionnels perdent en efficacité.

Au-delà de l’innovation scientifique, cette solution illustre le rôle central des territoires ultramarins dans la recherche face aux défis globaux. Confrontés en première ligne aux maladies vectorielles, ils développent des réponses concrètes, aujourd’hui observées de près par l’Europe.

Dans un contexte de mondialisation des risques sanitaires, l’expertise issue des Outre-mer s’impose comme un levier stratégique. Une réalité qui rappelle que ces territoires ne sont pas en marge, mais bien au cœur des enjeux de santé publique du XXIe siècle.

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