Longtemps considérée comme un simple déchet, la scorie issue de la production de nickel en Nouvelle-Calédonie s’apprête à devenir une ressource industrielle à part entière. Sur le site de la SLN, une nouvelle unité de transformation verra le jour pour produire localement un abrasif destiné à l’export.

Créer de la valeur au lieu d’exporter brut

Jusqu’ici, la scorie était expédiée presque à l’état brut vers les États-Unis, où elle était transformée en sable abrasif utilisé notamment pour le décapage industriel et naval. Désormais, ce processus sera réalisé directement sur le territoire.

Porté par la société VPI, le projet représente un investissement de 546 millions de francs et a bénéficié de la défiscalisation locale. L’objectif est clair : transformer sur place une matière première disponible en abondance pour en faire un produit à forte valeur ajoutée.

Cette nouvelle usine, installée sur le site même de la SLN à Doniambo, produira entre 20 000 et 25 000 tonnes d’abrasif par an, seuil jugé nécessaire pour atteindre la rentabilité. Le produit sera commercialisé sous licence par un partenaire américain, déjà certifié par l’US Navy, un atout majeur sur les marchés internationaux.

Au-delà de l’aspect industriel, le projet s’inscrit dans une logique de développement local. Cinq emplois directs sont annoncés dès le lancement, avec des retombées fiscales estimées à près de 686 millions de francs sur dix ans. Une grande partie des dépenses bénéficiera aux entreprises calédoniennes.

Autre avantage : la réduction des volumes de scories stockées. En valorisant ce résidu, la SLN limite l’accumulation de déchets industriels et ralentit l’extension des zones de stockage, un enjeu environnemental sensible.

La scorie sera même réutilisée dans le secteur du bâtiment, notamment comme substitut au sable dans le béton, une innovation rendue possible par son intégration récente dans les normes locales de construction.

Si ce projet ne transformera pas à lui seul l’équilibre économique de la SLN, il illustre une orientation stratégique : diversifier les débouchés et maximiser la valeur produite localement.

Dans un contexte de concurrence mondiale accrue et de tensions sur les marchés des matières premières, cette montée en gamme industrielle apparaît comme une nécessité. Transformer sur place plutôt qu’exporter brut, capter davantage de valeur et structurer une filière plus résiliente : la Nouvelle-Calédonie amorce ici un changement de modèle.

Un signal fort pour l’avenir économique du territoire, où chaque initiative de transformation locale compte

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