La compagnie domestique Air Calédonie a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nouméa. Une décision annoncée ce 14 avril par le procureur de la République, qui intervient dans un contexte de crise profonde et prolongée.

Une situation financière critique

La procédure a été demandée par la direction elle-même, après constat de l’état de cessation des paiements fin mars. La dette de la compagnie est estimée à 256 millions de francs, tandis que son activité est lourdement pénalisée depuis plusieurs semaines.

Depuis le 2 mars, les aéroports des îles Loyauté sont bloqués par des collectifs d’usagers opposés au transfert des activités vers La Tontouta. Ce mouvement entraîne un déficit quotidien évalué à 10 millions de francs, aggravant encore la situation.

Le redressement judiciaire vise à donner un sursis à Air Calédonie. La procédure permet notamment de geler les dettes antérieures au 14 avril et d’offrir un cadre pour restructurer l’entreprise.

Le procureur évoque clairement une « dernière chance » pour préserver l’avenir de la compagnie, essentielle à la continuité territoriale en Nouvelle-Calédonie.

Au-delà des enjeux économiques, ce sont 220 salariés qui sont directement concernés. La direction avait déjà engagé des efforts, notamment une réduction de 44 % de la masse salariale.

La période d’observation, fixée à six mois renouvelables, sera déterminante pour l’avenir d’Aircal. Entre tensions sociales et fragilité structurelle, l’issue reste incertaine pour un acteur clé du transport intérieur calédonien.

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