À quelques semaines des élections provinciales du 28 juin en Nouvelle-Calédonie, l’organisation du scrutin à Nouméa fait l’objet de nouvelles contestations. Au Sénat, le sénateur indépendantiste Robert Xowie a dénoncé le maintien du regroupement des bureaux de vote mis en place après les violences de 2024, estimant que ce dispositif pourrait pénaliser une partie des électeurs des quartiers populaires.

Lors de la séance de questions au gouvernement, l’élu calédonien a demandé à l’État de veiller au respect du principe d’égalité devant le suffrage. Selon lui, la centralisation des 57 bureaux de vote sur neuf sites éloignerait certains habitants de leur lieu de vote habituel, notamment dans les secteurs nord de la capitale.

S’appuyant sur une étude réalisée localement, Robert Xowie affirme qu’une part significative des électeurs devra parcourir des distances plus importantes pour voter. Il souligne également les difficultés rencontrées par les habitants ne disposant pas de véhicule personnel, dans une ville où les transports publics ne fonctionnent pas le dimanche.

Le gouvernement assure que le droit électoral est respecté

Face à ces critiques, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a défendu l’organisation retenue pour le scrutin. Elle a rappelé que l’État demeure mobilisé afin de garantir la transparence, l’accessibilité et la régularité des opérations électorales.

Le gouvernement souligne également que plusieurs recours ont déjà été examinés par la justice administrative. Selon la ministre, les juridictions compétentes ont confirmé la conformité du dispositif avec le droit électoral en vigueur, sans relever d’atteinte au principe d’égalité entre les électeurs.

Par ailleurs, l’exécutif fait valoir que la participation enregistrée lors des dernières élections municipales n’a pas démontré d’effet significatif du regroupement des bureaux sur la sincérité du scrutin. Les autorités rappellent même que certains secteurs ont connu une progression de la participation par rapport aux précédentes échéances électorales.

Une organisation ajustée avant le scrutin du 28 juin

Pour les élections provinciales, la municipalité de Nouméa a toutefois procédé à plusieurs ajustements. Le site de Ko We Kara, utilisé lors des municipales, a été supprimé et remplacé par deux nouveaux centres de vote situés à Kaméré et à Rivière-Salée afin de mieux répartir les électeurs.

Cette réorganisation porte à neuf le nombre total de sites de vote dans la commune, contre huit lors des municipales de mars dernier. La mairie présente cette évolution comme une réponse aux remarques formulées par les habitants et les formations politiques sur l’accessibilité de certains bureaux.

Malgré ces adaptations, les mouvements indépendantistes continuent de réclamer le retour aux implantations historiques dès lors que les établissements publics habituellement utilisés sont à nouveau opérationnels. À l’approche d’un scrutin crucial pour l’avenir institutionnel du territoire, la question de l’organisation matérielle du vote demeure ainsi un sujet sensible dans le débat politique calédonien.

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