La situation financière de Nord Avenir, bras économique de la province Nord, devait être débattue vendredi 14 août à Koné. Mais la proposition de l’UC-FLNKS visant à établir un calendrier pour appliquer les recommandations de la Chambre territoriale des comptes a été renvoyée en commission. Le dossier reviendra devant les élus le 11 septembre.
Le débat autour de Nord Avenir attendra. Réunie vendredi matin, l’assemblée de la province Nord devait examiner les suites à donner au rapport particulièrement critique de la Chambre territoriale des comptes (CTC) consacré au groupe.
L’opposition UC-FLNKS souhaitait notamment faire adopter un calendrier précis pour mettre en œuvre les recommandations formulées par la juridiction financière. Mais une motion de renvoi en commission a été adoptée avant même la présentation de la proposition.
Un groupe représentant 700 emplois
Créée en 2014 pour rationaliser les activités de la Sofinor, Nord Avenir détient aujourd’hui des participations dans une soixantaine d’entreprises, notamment dans l’agriculture, la pêche et l’hôtellerie.
Selon sa direction, l’ensemble représente environ 700 emplois et 8 milliards de francs CFP de chiffre d’affaires.
La situation financière demeure toutefois particulièrement fragile. La Chambre territoriale des comptes estime que Nord Avenir n’est pas parvenue à construire un modèle économique viable. Le groupe doit encore apurer un passif évalué à 7 milliards de francs CFP et se trouve sous contrôle d’un tribunal depuis 2020. Près d’une centaine d’emplois ont également disparu en quatre ans.
Un prêt de 750 millions jamais remboursé
La CTC pointe aussi la responsabilité de la province Nord, principal actionnaire de Nord Avenir.
Un prêt de 750 millions de francs CFP, accordé en 2017, n’a jamais commencé à être remboursé. La collectivité doit également intégrer dans ses comptes la dépréciation de sa participation dans le groupe, estimée à près de 1,5 milliard de francs CFP.
Malgré ces difficultés, Nord Avenir conserve un poids important dans l’économie calédonienne, particulièrement dans le Nord. Les entreprises dont le groupe est actionnaire représenteraient notamment environ un tiers de la production porcine et un tiers des poissons pêchés au large en Nouvelle-Calédonie.
Quatre recommandations de la Chambre des comptes
Pour redresser la situation, la Chambre territoriale des comptes préconise notamment de recentrer la stratégie de Nord Avenir, de renforcer la prévention des conflits d’intérêts, de mieux encadrer les investissements et les cessions et de mettre en place une véritable évaluation des résultats financiers et socio-économiques.
La juridiction replace néanmoins ces difficultés dans un contexte marqué par plusieurs crises successives : pandémie de Covid-19, crise du nickel et émeutes de mai 2024.
Aucune décision de fond n’a donc été prise vendredi. Le dossier doit désormais être étudié en commission avant de revenir devant l’assemblée de la province Nord le 11 septembre.



