Alors que plusieurs élus calédoniens s’inquiètent de la diminution des renforts de gendarmerie mobile, le haut-commissariat assure que l’État ne se désengage pas de Nouvelle-Calédonie. Les effectifs sont progressivement adaptés pour répondre à d’autres besoins nationaux, tandis que les autorités promettent de maintenir une surveillance renforcée dans les secteurs sensibles.
La réduction du dispositif de gendarmerie mobile en Nouvelle-Calédonie suscite des inquiétudes, notamment au Mont-Dore. Dans un communiqué diffusé dimanche 9 août, le haut-commissaire de la République Jacques Billant a confirmé une adaptation des renforts présents sur le territoire, tout en assurant que les capacités opérationnelles nécessaires à sa sécurisation étaient maintenues.
Depuis le début de l’année, plusieurs arbitrages nationaux ont conduit à une diminution progressive du nombre d’escadrons de gendarmerie mobile déployés en Nouvelle-Calédonie. L’État présente cette évolution comme une redistribution des moyens à l’échelle nationale et non comme un retrait du territoire.
Des forces également réclamées dans l’Hexagone
Le haut-commissariat explique notamment cette décision par la forte mobilisation des forces de sécurité dans l’Hexagone. Les importants incendies qui touchent plusieurs régions nécessitent des effectifs pour sécuriser les zones évacuées et sinistrées, protéger les populations et prévenir les pillages.
Selon les autorités, près de 200 000 personnes ont dû être déplacées en raison de ces incendies exceptionnels.
D’autres échéances doivent également mobiliser les forces mobiles dans les prochaines semaines. Le haut-commissariat cite la rentrée sociale ainsi que la visite officielle du pape à Paris, prévue les 25 et 26 septembre, qui nécessitera un important dispositif de sécurité.
Dans ce contexte, la Nouvelle-Calédonie participe donc à « l’effort national de répartition des moyens ».
Le Mont-Dore sous surveillance
L’État insiste cependant sur le maintien de moyens spécifiques dans les zones considérées comme sensibles. Au Mont-Dore, le dispositif de sécurité doit notamment rester opérationnel malgré l’évolution de son organisation.
Les anciens fourgons de gendarmerie de type B110 ont été retirés au profit d’un dispositif davantage mobile, comprenant des patrouilles quotidiennes utilisant de nouveaux véhicules blindés.
Le haut-commissariat affirme que ce changement doit permettre d’améliorer l’efficacité des interventions et assure que des renforts pourraient être redéployés rapidement si la situation sécuritaire venait à se détériorer.
Cette communication intervient pourtant dans un contexte tendu. Dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs incendies volontaires ont été recensés au Mont-Dore, avec notamment la destruction complète d’un bus à Boulari.
Des élus réclament davantage de moyens
Ces événements ont ravivé les inquiétudes d’une partie des élus locaux. La maire du Mont-Dore, Nina Julié, a écrit au haut-commissaire pour demander un renforcement des forces de l’ordre dans sa commune.
Elle avait déjà exprimé ses préoccupations après la levée du poste mobile installé à proximité de l’entrée nord de Saint-Louis.
Le député Nicolas Metzdorf a également interpellé le ministère de l’Intérieur. Il réclame notamment le redéploiement d’escadrons de gendarmerie mobile ainsi que l’affectation permanente de gendarmes supplémentaires en Nouvelle-Calédonie.
Face à ces demandes, le haut-commissariat maintient que la situation sécuritaire connaît une « amélioration progressive » et que les capacités d’intervention restent suffisantes. L’État assure néanmoins que son dispositif pourra être renforcé sans délai en cas de nouvelle dégradation de la situation.



