Nouvelle-Calédonie : prison requise pour corruption dans l’affaire de l’internat de Bourail

Par Matteo Zuberbuler 2 min de lecture
Nouvelle-Calédonie : prison requise pour corruption dans l’affaire de l’internat de Bourail
Nouvelle-Calédonie : prison requise pour corruption dans l’affaire de l’internat de Bourail Image : DR

Un couple de chefs d’entreprise et une ancienne fonctionnaire de la province Sud comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Nouméa pour corruption, favoritisme et escroquerie liés à la construction de l’internat d’excellence de Bourail. Le parquet a requis des peines allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement. Le jugement sera rendu le 1er décembre.

L’affaire remonte à une période comprise entre 2009 et 2013, au moment de l’attribution de plusieurs marchés publics dans le cadre de la construction de l’internat d’excellence de Bourail, en Nouvelle-Calédonie. Deux jours d’audience, les 20 et 21 octobre, ont été nécessaires pour examiner les charges retenues contre trois prévenus : un couple de chefs d’entreprise et une ancienne fonctionnaire de la province Sud, poursuivis pour corruption, favoritisme et complicité d’escroquerie.

À l’issue des débats, la procureure de la République a requis trois ans de prison dont deux avec sursis à l’encontre de l’ex-fonctionnaire. Pour les deux entrepreneurs, le ministère public a demandé respectivement trois ans de prison dont deux avec sursis, et deux ans de prison avec sursis intégral.

Au cœur du dossier, 9 millions de francs pacifiques auraient été versés par le couple d’entrepreneurs à l’ancienne fonctionnaire, en échange de l’attribution favorable de marchés publics. L’intéressée a soutenu à la barre qu’elle ignorait, au moment des attributions, que les sociétés candidates appartenaient aux deux autres prévenus. Elle a qualifié les sommes reçues de simples « cadeaux d’amis », présentant ces derniers comme « très généreux ».

L’une des cheffes d’entreprise mises en cause a, pour sa part, mis en avant l’impératif de délais : « Il fallait un internat d’excellence à Bourail dans des délais très courts, on les a tenus », a-t-elle plaidé devant le tribunal.

Ces arguments n’ont pas convaincu la province Sud, qui chiffre son préjudice à plus de 177 millions de francs. Selon l’expert financier entendu à la barre, l’absence de mise en concurrence réelle aurait permis une surévaluation des facturations de plus de 59 %, au détriment direct des finances publiques locales.

Cette affaire illustre les dommages concrets que la corruption dans les marchés publics inflige aux collectivités ultramarines : des deniers publics détournés, des procédures d’appel d’offres contournées et, au final, un préjudice considérable supporté par l’ensemble des contribuables calédoniens. Le délibéré a été fixé au 1er décembre prochain.