Polynésie : 17 millions de francs détournés au bureau de poste de Taravao, le responsable de l’agence mis en cause

Par Anna Blondeau 2 min de lecture
Polynésie : 17 millions de francs détournés au bureau de poste de Taravao, le responsable de l’agence mis en cause
Polynésie : 17 millions de francs détournés au bureau de poste de Taravao, le responsable de l’agence mis en cause Image : DR

Un présumé détournement de fonds d’une ampleur inédite a été découvert début septembre au bureau de poste de Taravao, en Polynésie française. Le coffre-fort de l’agence OPT se serait retrouvé pratiquement vide, 17 millions de francs ayant disparu. Le responsable de l’agence, également délégué syndical, serait directement impliqué. Une enquête est en cours.

C’est une affaire qui a plongé la commune de Taravao dans la stupeur. Début septembre, à l’ouverture du coffre-fort du bureau de poste local, des contrôleurs ont constaté qu’il était pratiquement vide. Selon les informations révélées par le site Tahiti Infos, 17 millions de francs CFP auraient disparu, et c’est le responsable de l’agence lui-même qui serait au cœur de l’affaire.

La somme en jeu, considérable, a suscité une vive émotion parmi les clients de l’établissement. « C’est pas une petite somme. C’est la première fois qu’on voit un truc comme ça ici. C’est pire qu’un braquage ! », a réagi un habitant. Une autre cliente, Marutea Tahutini, n’a pas caché sa colère : « Très choquant. Ou allons nous ? C’est nos sous à nous tous. Perte de confiance […] c’est des personnes incompétentes qu’on a mis à cette place, vu que c’est un directeur. »

Le responsable de l’agence, qui occupe également la fonction de délégué syndical, a été convoqué le 18 septembre dernier pour un entretien préalable, dont l’issue n’a pas été rendue publique. La direction de l’agence fait depuis l’objet d’un intérim, signe que la situation a conduit à une prise en main rapide par la hiérarchie de l’OPT.

Cette affaire soulève des questions plus larges sur la gestion et le contrôle interne au sein des établissements postaux polynésiens. Certains clients, déjà critiques à l’égard des frais imposés pour les opérations courantes, voient dans cet épisode une raison supplémentaire de douter de la fiabilité du système. « Tu demandes un relevé bancaire maintenant c’est 2000 francs. Tu fais un retrait d’argent […] il faut payer aussi », a témoigné l’un d’eux.

Contacté, le ministère en charge des postes et télécommunications a décliné toute demande d’interview, invoquant « une enquête en cours concernant les faits reprochés ». Les conclusions de cette enquête seront déterminantes pour établir les responsabilités et, le cas échéant, engager les poursuites judiciaires appropriées.