Polynésie : le Festival des Jeux du Fenua invite parents et éducateurs à réfléchir sur la place des écrans

La troisième édition du Festival des Jeux du Fenua se tient ce week-end à la Maison de la culture de Papeete. Une table ronde réunit samedi psychologue et représentant du monde de l’e-sport pour engager un dialogue ouvert sur le jeu vidéo et le développement de l’enfant.
Le Festival des Jeux du Fenua a pris ses quartiers à la Maison de la culture de Papeete pour sa troisième édition, dans une atmosphère que les organisateurs qualifient de plus « familiale » qu’aux précédentes éditions, qui se tenaient dans les jardins de Paofai et sur la place To’ata. L’entrée est gratuite, et les quelque 4 500 visiteurs des éditions précédentes, des enfants dès 3 ans jusqu’aux matahiapo, témoignent de l’ancrage de l’événement dans le tissu social polynésien.
Ce samedi, la Guilde des Aventuriers, organisatrice du festival, propose une table ronde ouverte aux parents, aux éducateurs et aux soignants. Deux intervenants animeront les échanges : la psychologue clinicienne Caroline Bonnard, qui préside également la Guilde des Aventuriers, et Danilo Tuahivaatetonohiti, représentant de l’Association E-Sportive de Polynésie française (AESPF).
L’ambition affichée n’est pas de condamner les écrans, mais d’interroger le cadre dans lequel les enfants grandissent et jouent. « Le but d’une conférence, c’est d’avoir un débat », explique Caroline Bonnard, qui évoque même la possibilité de provoquer « une introspection » chez les participants. Danilo Tuahivaatetonohiti illustre son propos par une analogie : si la bagarre est répréhensible, la boxe pratiquée dans un cadre structuré est tout à fait acceptable. Le jeu vidéo, selon lui, relève de la même logique : c’est l’accompagnement qui fait la différence.
Caroline Bonnard insiste sur la singularité de chaque enfant et sur l’importance du jeu libre, celui qui stimule l’imagination sans support numérique. Elle cite des études selon lesquelles les enfants ayant pu expérimenter ce type de jeu et prendre de petits risques présenteraient, en grandissant, moins de symptômes dépressifs et phobiques. Une liberté qui, sans garantir l’épanouissement de tous, contribuerait à leur développement.
Face à ces enjeux, les deux intervenants s’accordent sur un constat : « Il n’y a pas d’école de la parentalité. » La table ronde entend précisément offrir aux familles un espace d’échange sans jugement ni réponse toute faite, pour les aider à trouver leurs propres repères.
Sur le terrain du festival, la diversité des jeux proposés rappelle que l’univers ludique dépasse largement les écrans. Haumea, 8 ans, championne d’échecs, se réjouit d’être « arrivée première au dernier tournoi » et enchaîne les parties de cartes entre deux rencontres. Une image qui résume bien l’esprit du festival : le jeu, sous toutes ses formes, comme vecteur d’apprentissage, de partage et de lien entre les générations.


