Le Centre hospitalier du Nord de Koné fait face à un afflux massif de patients grippaux, avec une vingtaine de consultations quotidiennes pour seuls symptômes grippaux. Un pic épidémique est encore attendu dans les deux semaines, tandis que le personnel soignant, déjà en sous-effectif, s’organise pour tenir.
Les urgences du Centre hospitalier du Nord (CHN) de Koné traversent une période de forte tension. Une vingtaine de patients se présentent chaque jour avec des symptômes grippaux, contraignant le personnel à improviser des solutions d’hébergement faute de places suffisantes. Les dix lits de soins sont constamment occupés, et une dizaine de patients sont hospitalisés quotidiennement dans les couloirs, sur des brancards utilisés comme couchages.
« On essaye de composer et d’innover parce qu’on arrive au bout des ressources physiques et matérielles. C’est le jeu de Tetris pour arriver à trouver des places et installer correctement les gens », témoigne Carole Dupuy, infirmière aux urgences, qui exerce au CHN depuis la fermeture du service des urgences de Koumac. Depuis le début de l’épidémie, près de 75 passages ont été enregistrés, une fréquentation inédite depuis la crise Covid.
La situation est d’autant plus préoccupante que le CHN souffre d’un déficit structurel en personnel. Seuls 40 % des lits d’hospitalisation sont actuellement ouverts, et quatre à cinq évacuations sanitaires sont opérées chaque jour vers Nouméa. Ce sous-dimensionnement résulte des difficultés chroniques de recrutement médical et paramédical en province Nord, aggravées par la fermeture successive des urgences de Koumac et de Poindimié, qui ont reporté l’ensemble de la charge sur le seul CHN.
Face à cette situation, le personnel s’est organisé en cellule de crise, réunie deux fois par semaine. La mise en place d’un accueil en amont des urgences est à l’étude pour mieux orienter les patients lors du pic épidémique, attendu dans environ deux semaines selon la Direction des affaires sanitaires et sociales (Dass). « Il faut être réactif et quand on n’a pas le personnel qu’il faut, c’est très compliqué. Il faut redéployer la ressource, essayer de mutualiser tout ce qu’on peut faire », reconnaît Séverine Janbouin, chef de service des urgences, qui souligne néanmoins la solidarité au sein des équipes.
Au Médipôle de Nouméa, la pression est également sensible. Laurence Tuikalepa, directrice de la coordination des soins au CHT, indique que 55 % des tests rapides réalisés aux urgences reviennent positifs à la grippe H1N1. « Ça risque de durer plusieurs jours d’après les biologistes. On reçoit des patients qui décompensent des pathologies respiratoires, des patients âgés qui nécessitent une hospitalisation, donc on a un afflux plus important que d’habitude », précise-t-elle. Le port du masque est désormais obligatoire pour les soignants et fortement recommandé aux visiteurs.
Les équipes du Médipôle appellent les Calédoniens à consulter en priorité leur médecin généraliste ou un centre médico-social (CMS) lorsque leur état le permet, afin de préserver les urgences pour les cas les plus graves. Le gouvernement, à l’approche des vacances scolaires, appelle chacun à renforcer les gestes barrières pour limiter les contaminations et protéger les personnes vulnérables. Un vaccin est disponible et recommandé notamment pour les personnes de plus de 65 ans, les malades chroniques, les femmes enceintes et les enfants de moins de deux ans.



