Prix Goncourt 2026 : Philippe Jaenada couronné pour son enquête sur un crime irrésolu

Par Info Outre-mer 3 min de lecture
Prix Goncourt 2026 : Philippe Jaenada couronné pour son enquête sur un crime irrésolu
Prix Goncourt 2026 : Philippe Jaenada couronné pour son enquête sur un crime irrésolu Image : DR

L’écrivain Philippe Jaenada a reçu mardi le prix Goncourt 2026 pour « L’Inconnue du quai de Javel », roman-fleuve consacré à l’assassinat non élucidé d’une jeune Bretonne en 1949. Une récompense qui intervient au terme d’une saison littéraire marquée par la controverse autour de l’intelligence artificielle.

C’est au restaurant Drouant, à Paris, que l’Académie Goncourt a dévoilé mardi le nom de son lauréat 2026 : Philippe Jaenada, pour « L’Inconnue du quai de Javel » (Flammarion). L’écrivain de 62 ans, connu pour ses enquêtes minutieuses sur des affaires criminelles non résolues, a recueilli six voix sur neuf face à Sylvain Prudhomme et son roman « De l’autre côté du lac », qui en a obtenu trois.

« Pour moi c’est un aboutissement, c’est un honneur », a déclaré le lauréat à la presse, ajoutant simplement : « Je me sens joyeux. » Philippe Jaenada succède à Laurent Mauvignier, distingué l’an passé pour « La Maison vide ».

Dans ce roman fleuve, l’auteur mène l’enquête à la première personne sur le meurtre de Louise Cansot, une jeune Bretonne de 29 ans devenue modèle à Paris, dont le corps avait été découvert en septembre 1949 sur les bords de la Seine. Pour tenter de percer ce mystère que la police n’avait pas résolu à l’époque, Jaenada s’inspire des méthodes du commissaire Maigret, le célèbre personnage de Georges Simenon, plongeant dans les archives judiciaires et retournant sur les lieux fréquentés par la victime. « Il rend visible une femme qui a été invisibilisée, une victime, une jeune victime dont la police ne s’est pas trop préoccupée », a souligné le président du Goncourt, Philippe Claudel.

Deux autres titres figuraient encore en lice lors du vote final : « Choses que je croyais perdues » de Clémentine Mélois et « La solitude des professeurs est infinie » de Yannick Haenel.

Cette édition du Goncourt restera également marquée par l’affaire Thélyson Orélien. L’ouvrage de cet auteur, « C’était ça ou mourir », présenté comme l’un des favoris, avait été retiré de la sélection en raison de soupçons de recours à l’intelligence artificielle, provoquant une onde de choc dans le monde de l’édition française. En réponse, l’Académie Goncourt a annoncé une modification de son règlement. « On va l’adopter avant la fin de l’année pour que ce soit reprécisé dans le prix Goncourt, le fait que le prix Goncourt couronne une œuvre écrite par un être humain », a indiqué Philippe Claudel. Antoine Gallimard, patron de la maison d’édition éponyme, a pour sa part estimé que tout auteur ayant eu recours à l’IA devait « simplement être très honnête et le dire ».

Écrivain revendiquant un rapport à l’ancienne avec son métier, Philippe Jaenada se targue de ne pas posséder de téléphone portable et aspire, malgré le « tourbillon » qu’il anticipe après cette distinction, à retrouver rapidement sa vie de chercheur solitaire. « Écrire, chercher, être dans les archives. Pour moi, il n’y a rien de mieux », a-t-il confié.

Le prix Renaudot a quant à lui été attribué à François-Henri Désérable pour « Le Palais » (Gallimard). Le prix Renaudot essai a été décerné ex aequo à Jean-Paul Enthoven pour son « Dictionnaire amoureux du bonheur » (Plon) et à Christophe Ono-dit-Biot pour « L’Odyssée de l’Odyssée » (Grasset).