Le nouveau logo de Saint-Laurent-du-Maroni, présenté le 10 août lors de la fête patronale, provoque une vive contestation. Les deux groupes d’opposition municipale dénoncent un changement décidé sans concertation ni vote préalable du conseil municipal, tandis qu’une pétition demandant le maintien de l’ancien emblème a déjà recueilli 1 871 signatures.
Le maire Lénaïck Adam a dévoilé la nouvelle identité visuelle au cours du vin d’honneur de la fête patronale. Le logo prend la forme d’une étoile dont les différentes branches sont censées représenter les composantes de la ville et leur unité.
Cette étoile remplace l’ancien visuel « Sèves de Guyane », composé de motifs bleus évoquant le fleuve Maroni, d’un soleil jaune et d’une pousse verte. Selon les explications rapportées par le groupe d’opposition Diversité, la municipalité souhaitait simplifier l’identité graphique de la commune et symboliser un changement.
L’opposition réclame le coût du projet
Le groupe Diversité, conduit par Mickle Papayo, a adressé un courrier au maire le 13 août. La formation Unis pour un seul objectif, menée par Léon Bertrand, avait publié la veille une lettre ouverte accompagnée d’un questionnaire comportant treize points.
Les deux groupes affirment qu’aucune délibération sur ce changement n’a été soumise au conseil municipal avant sa présentation publique. Ils s’interrogent donc sur le fondement juridique de la décision et rappellent que l’assemblée municipale est normalement chargée de régler les affaires de la commune.
Les élus d’opposition demandent également des précisions sur le financement. Ils souhaitent connaître la ligne budgétaire utilisée, le coût total de la nouvelle identité visuelle, le nom du prestataire retenu ainsi que les modalités du marché. Selon eux, cette dépense n’aurait pas été mentionnée lors du vote du budget primitif.
Au-delà de la procédure, ils contestent la disparition des symboles associés au territoire. Saint-Laurent-du-Maroni est labellisée Ville d’art et d’histoire depuis 2005. Son patrimoine, marqué notamment par le fleuve, l’histoire du bagne et la diversité de ses habitants, constitue un élément central de son identité.
Une pétition pour défendre l’ancien emblème
La pétition intitulée « Sauvons notre blason » réclame une consultation des habitants avant toute adoption définitive. Avec 1 871 signatures, la mobilisation dépasse désormais le seul cadre du conseil municipal.
Les opposants au projet estiment qu’un logo municipal ne constitue pas un simple outil de communication. Il représente l’histoire, la mémoire et l’identité collective d’une commune. Plusieurs signataires demandent donc le maintien de l’ancien visuel ou, au minimum, l’organisation d’un véritable débat public.
Les groupes d’opposition rappellent qu’un cinquième des électeurs inscrits peut demander l’inscription d’une question à l’ordre du jour du conseil municipal, conformément au code général des collectivités territoriales.
Sollicité, Lénaïck Adam n’a pas souhaité répondre aux critiques. Le maire affirme vouloir se concentrer sur l’avancement des travaux menés dans la ville. La question d’un examen officiel du nouveau logo par le conseil municipal reste donc entière. Une collectivité doit pouvoir moderniser son image, mais une telle décision exige transparence, respect des institutions locales et bonne utilisation de l’argent public.



