Longtemps associé aux habitudes anglo-saxonnes, le brunch s’installe durablement en Martinique. Proposé en semaine comme le week-end, ce repas servi entre la fin de matinée et le début de l’après-midi attire une clientèle croissante et offre aux restaurateurs une nouvelle occasion de valoriser les produits locaux.
Contraction des mots anglais breakfast et lunch, le brunch associe les classiques du petit-déjeuner aux plats plus consistants du déjeuner. Œufs, pancakes, viennoiseries et tartines composent généralement un repas généreux, consommé entre 10 heures et 14 heures.
Selon le chef Antoine Hery Charles Alfred, deux catégories de clients se retrouvent autour de cette formule. Certains connaissent le brunch par l’intermédiaire de la culture anglo-saxonne, tandis que d’autres prolongent simplement leur petit-déjeuner traditionnel avec des préparations plus gourmandes.
Si cette pratique ne fait pas historiquement partie des habitudes martiniquaises, elle répond à une recherche de convivialité et de détente. Le dimanche, les clients apprécient notamment de pouvoir prendre leur temps et de découvrir des recettes différentes du brunch classique.
Les chefs misent sur le terroir martiniquais
Au Kingstone, à Fort-de-France, le chef Lionel Rigobert a choisi de construire son offre autour des produits du territoire. Son objectif n’est pas de reproduire les assiettes popularisées sur les réseaux sociaux, mais de donner au brunch une véritable identité caribéenne.
L’établissement propose notamment une réinterprétation de l’avocado toast. Le pain est remplacé par un pancake de ti-nain, servi avec une crème de piment végétarien et du radis noir. Cette création transforme une recette mondialisée en un plat enraciné dans les saveurs de la Martinique.
Le recours aux producteurs locaux permet aux restaurateurs de soutenir l’activité économique de l’île tout en limitant l’importation de marchandises venues de plusieurs milliers de kilomètres. Pour Lionel Rigobert, travailler avec les ressources du terroir relève à la fois d’une démarche écologique et d’une volonté de préserver l’identité culinaire caribéenne.
Cette évolution montre que les tendances internationales peuvent être adaptées sans effacer les traditions locales. En privilégiant les circuits courts, les restaurateurs créent de la valeur en Martinique et offrent de nouveaux débouchés aux agriculteurs et aux artisans du territoire.
Les box à emporter séduisent les clients
Le succès du brunch s’accompagne également du développement des formules à emporter. Antoine Hery Charles Alfred propose ainsi ses repas dans des box pouvant être consommées à domicile, chez des proches ou sur la plage.
Ce format nomade s’est largement développé après la crise sanitaire. Il répond à la demande de clients souhaitant disposer d’un repas complet, pratique et facile à partager sans nécessairement se rendre dans un restaurant.
Les grandes vacances confirment l’intérêt du public pour cette nouvelle offre. Selon les professionnels interrogés, la fréquentation liée au brunch a doublé durant cette période.
En associant créativité, produits martiniquais et nouveaux modes de consommation, le brunch ouvre un marché supplémentaire aux entreprises locales de la restauration. Son implantation durable dépendra désormais de la capacité des professionnels à préserver des prix accessibles tout en maintenant une offre de qualité ancrée dans le terroir.



