L’accès à la prévention et aux soins en matière de santé sexuelle reste insuffisant dans les Outre-mer. C’est le constat préoccupant dressé par une étude de l’Inserm, qui met en lumière des écarts marqués avec l’Hexagone, notamment en matière de contraception, de vaccination et de violences sexuelles.
Une contraception encore trop peu utilisée
Dans les territoires étudiés, entre un quart et un tiers des femmes concernées ne recourent pas à un moyen de contraception. Un niveau très supérieur à celui observé dans l’Hexagone, où cette proportion est limitée à 9 %.
Conséquence directe, les grossesses non souhaitées restent élevées, avec des taux compris entre 29 % et 37,2 %, dans un contexte de recours important à l’IVG.
Autre signal d’alerte, la couverture vaccinale contre les papillomavirus humains (HPV) demeure largement insuffisante. Chez les jeunes femmes, elle ne dépasse pas 27,9 %, et reste encore plus faible chez les hommes.
Le préservatif, pourtant essentiel pour lutter contre les infections sexuellement transmissibles, est lui aussi sous-utilisé, notamment lors des premiers rapports avec un nouveau partenaire.
L’étude met également en évidence un niveau élevé de violences sexuelles. Jusqu’à près de 30 % des femmes déclarent avoir subi un viol ou une tentative au cours de leur vie, avec des proportions encore plus fortes chez les jeunes.
Si ces chiffres traduisent une réalité préoccupante, ils témoignent aussi d’une libération progressive de la parole sur ces violences longtemps tues.
Au-delà du constat, l’Inserm appelle à une réponse adaptée à chaque territoire. Les Outre-mer présentent des spécificités sociales, culturelles et économiques qui nécessitent des politiques de prévention ciblées.
Sans une action renforcée, ces retards en matière de santé sexuelle pourraient continuer de peser durablement sur les populations ultramarines.



