L’hôpital de Taravao, en Polynésie française, fait face à une nouvelle dégradation de son fonctionnement. À compter du 15 juillet et jusqu’au 31 août, le service des urgences sera privé de médecin sur plusieurs périodes, contraignant les autorités sanitaires à orienter les patients vers le Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF) de Pirae. Une situation qui illustre les difficultés persistantes du système de santé local.
La crise s’est une nouvelle fois manifestée ce dimanche, avec l’absence simultanée de médecin urgentiste et de personnel paramédical aux urgences. Dans ces conditions, aucun patient n’a pu être pris en charge. Une partie des quatorze infirmiers de l’établissement, épuisés par des mois de sous-effectif et estimant ne plus pouvoir assurer leurs missions sans encadrement médical, s’est placée en arrêt de travail.
Le syndicat CSIP alerte sur une situation qu’il juge critique. Selon sa cinquième secrétaire générale adjointe, Vaitea Le Gayic, plusieurs journées sans médecin sont déjà annoncées jusqu’à la fin du mois d’août, tandis que les équipes réclament des recrutements immédiats afin d’éviter une aggravation de la crise.
Des difficultés structurelles qui fragilisent l’offre de soins
Selon le médecin David Giraudeau, les tensions qui frappent l’hôpital de Taravao ne sont pas nouvelles. Depuis plus d’un an, les équipes travaillent dans un contexte de sous-effectif chronique touchant infirmiers, ambulanciers, agents d’accueil et médecins. Les congés sont régulièrement reportés afin d’assurer la continuité du service, tandis que les absences sont comblées au dernier moment lorsque cela est possible.
Le praticien souligne que plusieurs postes de médecins urgentistes demeurent vacants malgré des besoins identifiés depuis plusieurs semaines. Il estime également que les équipes ne peuvent garantir un fonctionnement sécurisé des urgences sans la présence d’un médecin spécialisé. Au-delà des situations d’urgence, cette pénurie compromet également le suivi des patients nécessitant une prise en charge de longue durée.
Parmi les pistes évoquées figurent une coopération plus souple avec le CHPF de Pirae afin de permettre le renfort rapide de personnels médicaux, ainsi que le recours ponctuel à des médecins intérimaires par l’intermédiaire de sociétés spécialisées. Cette dernière solution n’a toutefois pas été retenue en raison de son coût.
Alors qu’un recrutement est annoncé pour le 1er septembre, les professionnels de santé estiment que cette échéance ne répond pas aux besoins immédiats. Cette nouvelle crise met en lumière les difficultés de gestion des effectifs hospitaliers et relance le débat sur les moyens consacrés au système de santé, dans un contexte où la continuité des soins constitue une mission essentielle du service public.



