Trente ans au Québec : Murielle Golabkan, Guadeloupéenne enracinée entre deux cultures

Partie de Guadeloupe pour ses études il y a trois décennies, Murielle Golabkan s’est construite une vie épanouie à Saint-Philippe, au sud de Montréal. Chargée de projets dans l’industrie, mère investie, elle incarne le parcours de ces ultramarins qui réussissent à l’étranger sans jamais couper le fil avec leurs origines.
C’est un coup de cœur pour la ville de Québec qui a tout déclenché. Arrivée du bout des Antilles pour poursuivre ses études au Canada, Murielle Golabkan a été immédiatement séduite par ce qu’elle découvrait. « J’ai vraiment été émerveillée par le mélange de la modernité et des traditions de cette ville et je pense que c’est à ce moment-là que l’idée de s’installer au Québec a fait son chemin », confie-t-elle. Trente ans plus tard, la Guadeloupéenne n’a pas quitté le pays.
L’adaptation n’a pourtant pas été sans effort. Le choc thermique entre la chaleur des Antilles et les hivers canadiens aurait pu décourager plus d’une personne. Murielle Golabkan a tenu bon et assure aujourd’hui s’être pleinement acclimatée au froid québécois.
Elle a posé ses valises à Saint-Philippe, une petite municipalité tranquille au sud de Montréal, choisie pour ses qualités de cadre de vie. « Je recherchais vraiment la tranquillité, la sécurité et surtout l’environnement familial pour y construire ma vie », explique-t-elle. Un choix assumé, qui lui a permis de bâtir un foyer stable tout en menant une carrière exigeante.
Sur le plan professionnel, Murielle Golabkan occupe un poste de chargée de projets pour l’Amérique du Nord au sein d’une entreprise spécialisée dans la construction d’usines de galvanisation, un procédé industriel qui protège l’acier contre la corrosion par application de zinc. Elle y coordonne l’ingénierie, la logistique et les ressources humaines nécessaires à l’édification de ces installations à travers le continent. Son entreprise vient d’achever au Québec l’une des plus grandes usines du genre au Canada, entièrement alimentée par des énergies propres.
Loin d’être absorbée par sa vie professionnelle, elle consacre une part importante de son temps à sa fille, passionnée de danse depuis dix ans. Murielle se décrit volontiers comme une « dance mom », organisant entraînements, compétitions et déplacements avec la même rigueur qu’elle applique à ses projets industriels. « C’est une très grande partie de ma vie ici parce que je la vois s’épanouir à travers sa passion », dit-elle.
La double culture guadeloupéenne et québécoise est au cœur de son identité et de celle qu’elle souhaite transmettre à sa fille. « La Guadeloupe définit mes racines et mon identité. Le Québec en général a façonné la personne que je suis maintenant », résume-t-elle. Elle continue de cuisiner les plats de son île et de perpétuer certaines habitudes antillaises, tout en ayant adopté les usages de son pays d’accueil. « C’est très, très important pour moi qu’elle comprenne d’où elle vient et surtout qu’elle sache qui elle est », insiste-t-elle au sujet de sa fille.
Ce qui lui manque le plus, après trois décennies loin de l’archipel ? Pas le soleil ni la mer, mais les siens. « Ma famille, la chaleur familiale, les fous rires, c’est ce qui me manque le plus », confie Murielle Golabkan, dont le parcours illustre la capacité des Guadeloupéens à s’imposer bien au-delà des frontières de leur île.


