Vieillissement en Martinique : la Chambre régionale des comptes tire la sonnette d’alarme

La Chambre régionale des comptes vient de rendre public son rapport sur la prise en charge du vieillissement en Martinique. Le diagnostic est préoccupant : des places en Ehpad nettement insuffisantes, des établissements fragilisés financièrement, et une île dont la population vieillit à un rythme que les structures actuelles ne peuvent absorber.
La Martinique vieillit, et elle n’est pas prête à y faire face. C’est, en substance, le constat que dresse la Chambre régionale des comptes (CRC) à l’issue de son enquête sur la prise en charge du vieillissement dans l’île, présentée par Pierre Grimaud, président, accompagné de Prisca Louis, vérificatrice, et d’Aloys Domon, magistrat.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Entre 2015 et 2026, la Martinique a perdu 7 % de sa population. Le solde naturel est négatif, avec davantage de décès que de naissances. La proportion de personnes âgées de plus de 60 ans dépasse déjà largement les moyennes nationales, et les projections démographiques anticipent qu’au moins 40 % de la population martiniquaise aura franchi ce seuil en 2050.
Face à cette réalité démographique, l’offre de prise en charge apparaît structurellement inadaptée. Le rapport pointe un déficit significatif de places en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), tandis qu’un nombre important de ces structures se trouvent en situation de fragilité financière. Un double constat qui interroge la capacité du territoire à absorber, dans des conditions dignes, le choc démographique annoncé.
Ce rapport de la CRC constitue un signal fort adressé aux décideurs publics et aux acteurs économiques du secteur médico-social. L’enjeu est considérable : anticiper dès maintenant les investissements nécessaires, qu’il s’agisse de la création de nouvelles capacités d’accueil ou du redressement financier des établissements existants, pour éviter que la Martinique ne se retrouve, dans les prochaines décennies, dans l’incapacité d’assurer une prise en charge adaptée à sa population la plus vulnérable.


