À peine installé sur la route de Versailles à Petit-Bourg, un radar tourelle a été entièrement détruit par un incendie criminel dans la nuit du 21 au 22 mai. Ce nouvel acte de vandalisme relance les tensions autour du déploiement des radars automatiques en Guadeloupe, alors que les autorités défendent un renforcement des contrôles face à la hausse de l’insécurité routière sur l’archipel.

Des inscriptions hostiles au dispositif ont été découvertes à proximité du radar incendié, notamment le slogan « Pas d’eau, pas de radar », dans un contexte de mécontentement persistant autour de certains services publics et infrastructures locales. Le préfet de Guadeloupe, Thierry Devimeux, a dénoncé un « acte irresponsable » et rappelé la gravité de la situation routière dans le département.

Selon les autorités, la Guadeloupe enregistre déjà 17 morts sur les routes depuis le début de l’année ainsi qu’une hausse des accidents et des blessés. Le représentant de l’État affirme que ces équipements ont avant tout pour objectif de réduire la mortalité routière et de sanctionner les comportements dangereux.

Les radars tourelles régulièrement pris pour cible en Guadeloupe

La destruction de radars automatiques est devenue un phénomène récurrent dans l’archipel depuis plusieurs années. Plusieurs équipements installés aux Abymes, à Goyave, Trois-Rivières ou encore Petit-Bourg ont déjà été incendiés ou dégradés par le passé.

La Guadeloupe fait même partie des territoires français où les radars tourelles sont les plus fréquemment visés par des actes de vandalisme. Malgré ces destructions répétées, l’État poursuit le déploiement de nouveaux dispositifs sur les axes considérés comme accidentogènes.

Les nouveaux radars de génération 2026 disposent désormais de capacités de contrôle renforcées. Certains équipements peuvent détecter plusieurs infractions simultanément grâce à des systèmes automatisés et à l’intelligence artificielle.

Une tension croissante entre sécurité routière et défiance envers l’État

Au-delà du simple rejet des contrôles routiers, cet épisode reflète aussi un climat de défiance plus large envers les autorités publiques dans certains territoires ultramarins. Plusieurs habitants dénoncent régulièrement des investissements jugés déséquilibrés entre répression routière et amélioration des infrastructures essentielles comme l’eau, les routes ou les transports.

Pour les services de l’État, céder face à ces destructions reviendrait toutefois à abandonner la lutte contre la violence routière, particulièrement élevée dans les Antilles françaises. Les autorités assurent donc vouloir maintenir leur stratégie de sécurisation des axes routiers malgré les actes de sabotage visant les équipements automatiques.

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