La crise des sargasses continue de frapper durement la Guadeloupe. À Petit-Bourg, plusieurs établissements scolaires ont dû fermer en urgence ce vendredi 22 mai après un niveau jugé préoccupant d’émanations toxiques liées à la décomposition des algues brunes échouées sur le littoral. Les autorités locales évoquent une mesure de protection sanitaire destinée à préserver les élèves et les personnels exposés aux gaz nocifs.
Le rectorat et la municipalité ont conjointement décidé l’évacuation de plusieurs écoles du bourg après la constatation d’importantes concentrations de sulfure d’hydrogène, un gaz toxique régulièrement produit par les sargasses en décomposition. Les parents ont été appelés à récupérer leurs enfants dès la mi-journée.
Sept établissements du premier degré sont concernés : les écoles Albertine Mignard, EVA Gamyr Coquin, Fribert Fessin, Mayeko Massina, Maurice Chovino, Mariani Maximin ainsi que l’annexe Albertine Mignard. La municipalité affirme suivre l’évolution de la situation en lien avec les autorités sanitaires et environnementales.
Des conséquences sanitaires de plus en plus lourdes
Le collège Félix Éboué est également touché par cette pollution atmosphérique. Plusieurs élèves auraient souffert ces derniers jours de maux de tête, de nausées ou encore de difficultés respiratoires attribuées aux émanations des algues. Face à cette situation, la direction a décidé de réorganiser totalement le fonctionnement de l’établissement à partir de la rentrée de Pentecôte.
Les cours ne seront désormais assurés que le matin et les activités sportives ont été suspendues. Les futures épreuves du brevet des collèges doivent également être délocalisées à Goyave afin de limiter les risques sanitaires pour les candidats.
Le lycée des Droits de l’Homme avait déjà adopté des mesures similaires dès le début du mois de mai, avec une interruption des cours à partir de 12h30 pour réduire l’exposition des élèves et du personnel aux gaz toxiques.
Une crise environnementale qui met l’État sous pression
Depuis plusieurs années, les échouements massifs de sargasses représentent un défi majeur pour les Antilles françaises. Outre les dégâts environnementaux, ces algues provoquent des émissions de sulfure d’hydrogène et d’ammoniac pouvant entraîner des troubles respiratoires, neurologiques et des malaises chez les populations exposées.
En Guadeloupe comme en Martinique, de nombreux habitants dénoncent une réponse jugée trop lente face à un phénomène devenu quasi permanent. Les collectivités locales réclament davantage de moyens pour accélérer le ramassage des algues et renforcer les infrastructures de traitement.
Cette nouvelle fermeture d’écoles rappelle surtout la vulnérabilité persistante des territoires ultramarins face aux crises environnementales. Pour beaucoup d’élus locaux, l’État devra désormais renforcer durablement sa stratégie de lutte contre les sargasses afin d’éviter que ces épisodes ne paralysent davantage la vie économique, scolaire et sanitaire des Antilles françaises.



