Le photovoltaïque représente déjà entre 15 et 17 % de la consommation électrique de Wallis. Mais pour poursuivre le développement des fermes solaires, le territoire doit désormais résoudre un problème majeur : conserver l’électricité produite en journée pour la restituer au moment des pics de consommation. EEWF prévoit ainsi l’installation d’un système de batteries de 10 MWh.

À Wallis, produire davantage d’électricité solaire ne suffit plus. Jusqu’à présent, l’énergie générée par les panneaux photovoltaïques pouvait être directement absorbée par le réseau et consommée immédiatement. Avec la multiplication annoncée des fermes solaires, cette situation atteint cependant ses limites.

Selon Eau et Électricité de Wallis-et-Futuna (EEWF), le photovoltaïque couvre actuellement entre 15 et 17 % de la consommation électrique de l’île. Cette proportion pourrait fortement augmenter dans les prochaines années, à condition de disposer de capacités permettant de stocker les excédents de production.

De nouvelles fermes solaires qui nécessitent des batteries

Plusieurs projets photovoltaïques doivent renforcer les capacités de production de Wallis. L’une des premières fermes développées par Verneo peut déjà produire l’équivalent de la consommation d’environ 600 foyers.

Mais l’arrivée de nouvelles installations pose une difficulté technique. Lorsque la production solaire deviendra supérieure à la consommation instantanée, le réseau ne pourra plus absorber toute l’électricité disponible.

Le stockage devient donc une condition indispensable à la poursuite du développement du photovoltaïque. Les batteries permettront de récupérer l’énergie qui ne peut pas être immédiatement consommée au lieu de limiter la production des installations solaires.

Produire en journée pour alimenter Wallis le soir

Le principal défi tient au décalage entre les heures de production et celles de consommation. Les panneaux photovoltaïques produisent essentiellement pendant la journée, alors que les besoins électriques augmentent fortement en fin d’après-midi et en début de soirée.

Selon EEWF, la pointe de consommation intervient notamment entre 18 heures et 20 heures, lorsque les habitants rentrent chez eux et utilisent simultanément davantage d’équipements.

Les futures batteries doivent permettre de conserver une partie de l’électricité solaire produite quelques heures auparavant et de la réinjecter dans le réseau durant cette période.

Le principe est donc de déplacer dans le temps une partie de la production solaire : produire lorsque le soleil est disponible et consommer cette énergie lorsque les besoins sont les plus élevés.

Un système de stockage de 10 MWh

Pour franchir cette nouvelle étape, EEWF prévoit l’installation à Wallis d’un système d’une puissance de 10 MW et d’une capacité de stockage de 10 MWh.

Selon son directeur Elvir Perocevic, cette quantité d’énergie pourra notamment être libérée sur une période d’environ deux heures. À titre de comparaison, la consommation électrique de Wallis peut approcher les 5 MW pendant certaines périodes de pointe, particulièrement durant les mois les plus chauds.

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) retient également ce dimensionnement de 10 MW pour 10 MWh. L’investissement prévisionnel est évalué à 740 millions de francs CFP.

Le régulateur considère le projet comme prioritaire pour permettre l’intégration de nouvelles capacités renouvelables au réseau électrique de Wallis.

Pourquoi les batteries n’ont-elles pas été installées plus tôt ?

Jusqu’à présent, leur absence ne constituait pas nécessairement un obstacle. Tant que la consommation instantanée de Wallis reste supérieure à la production photovoltaïque, toute l’électricité solaire produite peut être directement utilisée.

EEWF cite par exemple une consommation instantanée de 2,6 MW. Si les installations photovoltaïques produisent moins que cette puissance au même moment, leur électricité trouve naturellement un débouché sur le réseau.

La situation change lorsque les capacités solaires augmentent suffisamment pour approcher ou dépasser la demande en milieu de journée. Sans stockage, de nouveaux projets deviendraient alors difficiles à intégrer au système électrique.

Jusqu’à 30 % de solaire dans une première étape

L’arrivée des batteries doit permettre de franchir rapidement un nouveau palier. EEWF envisage de faire passer la part du solaire, actuellement comprise entre 15 et 17 %, autour de 25 à 30 % dans une première phase.

L’objectif suivant serait d’approcher les 50 %. Les calendriers avancés diffèrent toutefois selon les acteurs. Verneo évoque l’objectif territorial de 50 % d’énergie renouvelable à l’horizon 2030, tandis qu’EEWF, faisant état du retard pris, situe désormais ce niveau autour de 2033-2035.

À beaucoup plus long terme, l’ambition affichée est de tendre vers une production électrique presque entièrement renouvelable à l’horizon 2050.

Le thermique restera nécessaire

Même avec des capacités importantes de stockage, EEWF n’envisage toutefois pas la disparition totale de la production thermique.

Le photovoltaïque reste dépendant des conditions météorologiques. Plusieurs journées de faible ensoleillement peuvent réduire fortement la production et nécessiter le recours à d’autres moyens pour garantir en permanence l’alimentation de la population.

Les batteries constituent donc un outil permettant d’augmenter considérablement la part des renouvelables, mais elles ne suppriment pas la nécessité de disposer de moyens de production capables de prendre le relais.

Futuna doit également développer son stockage

La transition concerne l’ensemble du territoire de Wallis-et-Futuna. À Futuna, la CRE retient un projet de stockage plus modeste, d’une puissance de 2 MW et d’une capacité de 2 MWh. Son investissement est évalué à 1,95 million d’euros.

Ces investissements bénéficient du mécanisme national de péréquation électrique, destiné notamment à compenser les surcoûts de production et de réseau auxquels sont confrontés les territoires insulaires.

Pour la période 2026-2029, la CRE a défini une trajectoire de dotation pour EEWF afin d’accompagner les investissements nécessaires à la transformation du système électrique.

À Wallis, le défi énergétique entre ainsi dans une nouvelle phase. Après avoir installé les premières capacités photovoltaïques, le territoire doit désormais apprendre à gérer une production solaire beaucoup plus importante. Production, stockage et consommation devront progresser ensemble pour permettre au soleil d’occuper une place toujours plus importante dans l’alimentation électrique de l’île.

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